Archives de janvier 2009

La Photo du jour : Fleurs de Printemps

// 21 janvier 2009 // 4 Commentaires » // La Photo du jour

Fleurs de Printemps, Vallée de Waipara

Fleurs de Printemps, Vallée de Waipara

( Cliquez sur la photographie pour l’agrandir )

ANZAC biscuits à la Food Farm (recette)

// 20 janvier 2009 // 7 Commentaires » // Nouvelle-Zélande

La cuisine de la Food farm regorge de recettes, d’essais culinaires, de partages entre les différentes cultures qui se succèdent sous son toit grâce au wwoofing. Nick et Angela ont pour habitude de proposer à chaque wwoofer qui passe de cuisiner un repas typique de leur pays ou région, et d’en écrire la recette dans un cahier prévu à cet effet. Nous espérons qu’ils en feront un jour un recueil de recettes du monde entier.    

Découvertes et partage :

Lorsque nous devons décider du menu que nous allons leur proposer, nos fiertés picardes et vendéennes se réveillent et nous proposons un repas chacun… Mais Ludo fait de la résistance, il essaie de persuader nos hôtes qu’on ne peut pas remplacer les bons produits de sa région : les mogettes, le jambon, … Quand il pense enfin avoir trouvé une recette réalisable de son point de vue : on apprend que les seiches ne se trouvent pas dans les eaux néo-zélandaises et le repas vendéen tombe à l’eau. Les grands comme les petits apprécient les crêpes, dont quelques-unes nous servirons à faire le repas picard. Ce sera donc Ficelle Picarde, Charlotte au chocolat et crème anglaise, avec en prime un gâteau au chocolat pour les enfants.    

A la Food Farm, nous découvrons avec bonheur plusieurs plats à base de citrouille et de patate douce. Nous adorons lorsque les œufs pochés sont au menu du petit déjeuner et gagnons des « extra points » lorsque nous utilisons des œufs dans nos recettes. Ce concept plaît beaucoup à Ludo. Nous proposons ainsi un soufflé au fromage, ce qui estomac nos hôtes. Ils nous expliquent que les anglo-saxons sont souvent effrayés à l’idée de réaliser ce plat, qu’ils considèrent impossible à réussir.    

Nous sommes tout autant bluffés chaque soir, lorsqu’ils font un nouveau plat qui nous épate et nous régale. Les frittata de Nick sont justes merveilleuses, tout comme son carry de bœuf. Les soupes d’Angela sont délicieuses tout autant que ses falafels. Chaque soir, nous apprenons une nouvelle recette, ou découvrons une nouvelle saveur. Nous apprenons également à faire des pâtes fraîches maison.    

Pour les pauses thé du matin, nous découvrons également de délicieux biscuits : « Anzac’s biscuits » dont nous allons vous conter l’histoire.    

L’histoire des Biscuits Anzac :

ANZAC est l’abréviation de « Australian and New Zealand Army Corp » qui signifie Corps d’Armée d’Australie et de Nouvelle-Zélande. Il s’agit de troupes qui combattirent en Turquie lors de la Première guerre mondiale. Par extension, le terme désignera ensuite tous les soldats Australiens et Néo-Zélandais en tant de guerre. Ces biscuits se consomment plus particulièrement autour du 25 Avril afin de commémorer « the Anzac’s day ». En effet, même si les Néo-zélandais ne sont pas touchés directement sur leur sol par les guerres mondiales, beaucoup combattent au nom de l’empire Anglais et périssent en France et en Turquie.    

Anzac’s Day marque l’anniversaire du débarquement des ANZACS sur la Péninsule de Gallipoli le 25 Avril 1915. Le but étant de récupérer les Dardanelles, le passage vers le Bosphore et la mer noire. A la fin de la campagne, Gallipoli resta aux mains des défenseurs turques.    

Les épouses et les mères faisaient parvenir ces Anzacs, biscuits de longue conservation, à leurs hommes partis en guerre. Elles tentaient ainsi de les soutenir et de leur envoyer un peu de leur pays natal dans ces douceurs.    

La recette :

   

125 g de farine 

150 g de sucre 

1 cup (285 mL) de flocons d’avoine, muesli, ou autres graines, raisins secs, … 

1,5cup de noix de coco râpée 

100 g de beurre 

1 cuil à table (15 ml) de Golden sirup (sirop de sucre roux)on peut le remplacer par du sirop de sucre de canne ou du sirop d’érable 

1/2 cuil à thé (2,35 mL) de bicarbonate de sodium 

2 cuil à table (30mL) d’eau bouillante. 

Mélanger ensemble tous les ingrédients et cuire en petits tas pendant 15 à 20 min dans un four préchauffé à 180°C
Bon appétit !!   

   

Complément, les correspondances :
1 c à thé : 4,7 mL
1 c à table : 15 mL
1 cup : 285 mL    

Lorsqu’ils quittent la maison parentale, les jeunes Néo-Zélandais ont pour habitude de recevoir ce livre de cuisine, dont la recette des Biscuits Anzac est tirée : Edmonds Junior Cookbook
    

     

The Food Farm, 2ème expérience de wwoofing.

// 19 janvier 2009 // 12 Commentaires » // Nouvelle-Zélande, Wwoofing

Octobre 2008

La food farm est tenue par un couple de jeunes trentenaires, Angela et Nick, par ailleurs parents de trois jeunes pousses : Ruby, Mathilda et Flynn.

Présentation des hôtes :

Nick est originaire de la Barossa valley au nord d’Adelaïde (Australie). Angela y a fait ses études d’agriculture et c’est ainsi qu’ils se sont connus. Après avoir passé quelques années ensemble en Australie, ils décident de venir s’installer en Nouvelle-Zélande, pays d’origine d’Angela.

Nick et Angela travaillent maintenant pour un vignoble de la Vallée de Waipara, à proximité de la ferme : Greystone. Nick y manage 45 hectares de vignoble et Angela s’occupe de la distribution et du marketing. Ensemble, ils élèvent leurs trois jeunes enfants, gèrent la Food farm, cuisinent avec brio et sont très impliqués dans le mouvement biologique.

La vallée de Waipara est connu pour ses vins et ses bons produits, mais aussi pour ses paysages agricoles, de vignobles et d’oliveraies.

La Food Farm :

La Food farm est certifiée Bio-gro (association qui garantit la production bio en Nouvelle-Zélande). Aucun produit chimique, aucun plant et aucune graine ne sont non-biologiques. Nick et Angela y élèvent des canards, des poules, des oies, des moutons. Ils possèdent aussi un grand potager et un verger de figuiers mais aussi quelques arbres fruitiers, des groseilliers, des cassis, des framboisiers et des fraisiers. Yadi, la chienne golden retriever accompagne Nick au travail et se complait dans le rôle de grosse peluche pour les enfants.

La ferme est construite sur le principe de la permaculture que nous développerons plus tard. Leur but est de se nourrir un maximum de leurs récoltes, (autosuffisance) et de commercialiser les figues et figuiers. Ils veulent inculquer à leurs enfants le goût des choses saines et de la cuisine. Nous passons de longs moments à partager avec eux le goût de la bonne chair, et apprenons beaucoup sur les vins autant français que néo-zélandais. Il nous aura fallu faire tout ce chemin pour commencer à nous y intéresser !

Notre travail :

Chaque matin, nous devons arroser les jeunes plantes , les arbustes et nourrir les animaux. Les deux préoccupations principales dans la ferme sont de stopper les mauvaises herbes et d’irriguer correctement.

Pour maîtriser les mauvaises herbes, nous sommes amenés, bien sûr, à faire du désherbage. Mais nous apprenons aussi à couvrir de paille ou de foin, certaines parties du jardin lorsque les mauvaises herbes sont encore rases ce qui stoppe leur progression et permet de garder l’humidité plus longtemps au sol.

Ce qui nous a le plus marqué :

La peur du gel : les cultivateurs sont très préoccupés dès que la température descend. Le climat est très changeant en Nouvelle-Zélande et peut enregistrer des écarts de températures très forts. La météo joue un grand rôle pour eux, jusque tard en saison. Les dommages liés au gel pouvant entraîner l’absence de fruits ou la mort des jeunes arbres, nous avons dû, un après-midi, couvrir l’ensemble du verger de figuiers pour parer au gel annoncé. Mais, en fin d’après-midi, la température est remontée et la nuit fut calme. Il arrive parfois que les vignerons soient obligés d’allumer de grands feux dans des tonneaux entre les rangs de vignes, pour faire monter la température extérieure, et veillent ainsi toute la nuit. Nous comprenons la difficulté qu’ont les agriculteurs à dormir lorsqu’il fait froid. Malheureusement, cette année, ce fut plus tard en saison que le gel fit de nombreux dommages.

L’importance de l’eau : Le soleil étant très fort et le vent très sec, le sol est très vite aride. Il est donc indispensable pour la Food farm d’avoir un système d’irrigation performant. Il consiste en l’utilisation de tuyaux d’irrigation au sol, de sprinklers, et d’arrosage manuel chaque matin, voire deux fois par jour pendant la saison sèche. Le tout est alimenté par un tank qui stock l’eau puisée dans le sol à l’aide d’une pompe munie d’un moulin à vent.

Ce qui fait que chaque jour fut un jour différent :

Angela aime beaucoup nous lancer des défis : attraper une poule, séparer des moutons, confectionner de la pâte à modeler rose fluo pour les filles. Cela rythme nos heures de travail et les font passer plus vite.

Le repas du soir et toujours l’occasion d’une nouvelle découverte : faire des pâtes fraîches soi-même, manger le fromage fait maison quelques jours auparavant, s’affronter lors d’un concours de « qui a fait la meilleur pizza », suivi d’un concours de « qui mange le plus de chili »…

Le coucher de soleil est toujours un moment féerique dans cette vallée tout comme les nuits étoilées dont on ne peut compter les milliers d’astres lumineux… Magique !

Vécu et impressions :

Nous travaillons effectivement plus ici que chez nos premiers hôtes. Nous faisons 5h par jour et des semaines continues. La seule journée  libre, nous l’obtiendrons suite à une discussion un peu tendue sur le temps de travail. Elle nous est autorisée parce que Ludo offre ses services de photographe gracieusement pour promouvoir la Food farm. Tout le jour durant nous culpabilisons de les laisser travailler seuls, alors que nous sommes derrière nos ordinateurs.

Le lendemain, nous apprécions la faculté avec laquelle nos hôtes sont passés à autre chose et reprenons le boulot sans lésiner. Marie fait plus que ses heures pour rattraper un peu la mutinerie de la veille. Le reste de notre séjour, nous essayons d’être efficaces. Nous pensons que nos hôtes apprécient le fait que nous ne comptions pas nos heures au quart d’heure près. Contre toute attente, la confiance s’installe.

Comme nous l’avait dit Rients, ici on travaille ! Même si au début, en bons Français on a un peu de mal à concevoir de faire tant d’heures sans être payés, nous réalisons très vite que c’est plus que le gîte et le couvert qu’ils nous offrent. La nourriture est fantastique. Qu’ils soient fatigués ou non, ils font toujours l’effort de faire des repas de rêve le soir : délicieux et conviviaux.

Il faut bien le dire, il y a toujours beaucoup à faire dans une ferme et on se sent mal de rester inactifs. L’après-midi, après nos heures de travail, Ludo doit parfois séquestrer Marie pour qu’elle ne retourne pas bosser, jusqu’à ce qu’elle se mette à ronfler lourdement…

Mais quel bonheur de travailler la terre, de sentir ces bonnes odeurs, de manger le fruit de nos efforts ! Nous sommes ravis de toucher au plus prêt la vie à la ferme avec des techniques naturelles. Nick et Angela nous ouvrent en toute confiance la porte de leur maison et de leur vie de famille et nous offrent l’opportunité de (re)découvrir un autre mode de vie. C’est un moyen agréable pour nous de nous sentir proches de nos grands-parents cultivateurs, qui ont vécu de la terre durant toutes ces années.

Nos hôtes nous proposent de garder la Food farm pendant leurs vacances de Noël, et c’est avec plaisir que nous y reviendrons !

The New Complete Book of Self-Sufficiency La Bible de l’autosuffisance pour ceux qui auraient des envies de jardinage ou d’élevage.
Revivre à la campagne
Pour les allergiques à l’anglas: sur le même thème et du même auteur.

Akaroa, Le festival français, Samedi 11 Octobre 2008

// 16 janvier 2009 // 7 Commentaires » // Nouvelle-Zélande

Akaroa, French Fest, Samedi 11 Octobre 08

Karin et Rients, nos hôtes de wwoofing, nous proposent de les accompagner pour une journée au Sud de Christchurch, afin d’aller assister à la fête des Français, à Akaroa. Nous acceptons cette invitation avec plaisir et prenons tous ensemble la route de bon matin.


L’aller :

Nous faisons le trajet par la Banks Peninsula, les paysages sont magnifiques. Plus nous prenons de la hauteur et plus nous sommes éblouis par la beauté des paysages aux cimes encore blanches. Nous découvrons enfin la Nouvelle-Zélande !

Nous nous arrêtons une première fois près d’un refuge : « Sign of the Kiwi » et admirons le panorama qui s’offre à nous : d’un côté, les sommets enneigés (cliquez ici), de l’autre, une superbe vue sur les bras d’eau de mer venant s’engouffrer dans les cavités volcaniques de la Banks Peninsula. (Nous consacrerons à cette péninsule un article très bientôt)

Après un deuxième arrêt photographique, nous continuons jusqu’à Akaroa où la fête bat son plein.

La ville d’Akaroa :

Akaroa qui signifie « long port » en maori, fut fondée en 1840 par une petite colonie française. La ville se niche dans le creux d’une anse profonde d’ Akaroa Harbour, la baie la plus vaste de Banks Peninsula. Celle-ci a pris forme au cœur des fondations rocheuses de l’ancien volcan érodé, qui forma la Banks Peninsula.

En ce samedi printanier, le soleil inonde le petit port de plaisance aux allures de ville côtière du Sud de la France. Akaroa situé dans un cadre exceptionnel, respire la quiétude et la douceur de vivre. C’est aussi le point de départ de promenades en mer à la rencontre des plus petits dauphins du monde : les dauphins d’Hector. Certains bateaux offrent même la possibilité de nager avec eux !

Cette ville fondée par un petit groupe de colons français au milieu du 19ème siècle, se plaît à cultiver ses accents  » frenchies « . Les maisons en bois peint donnent à la ville un style très colonial. Les rues aux noms Français, la station service  » l’essence « , le restaurant  » c’est la vie «  , les joueurs de pétanque, la langue de Molière qui résonne partout en ce jour de  » French fest «  : tout ceci provoque chez nous une pointe de nostalgie de notre France natale.

Un peu d’histoire :

Les Polynésiens furent les premiers à peupler la Nouvelle-Zélande, c’est ainsi que naquirent les tribus maori au pays du long nuage blanc.

En 1770, le navigateur anglais James Cook découvrit Banks Peninsula (péninsule de Banks), qu’il nomma ainsi en l’honneur de Joseph Banks, son botaniste. A l’époque, tous pensaient avoir affaire à une île. Il est vrai que l’eau en entoure la majeure partie.

Quelques années plus tard, des baleiniers français trouvant la pêche excellente eurent l’idée de créer une colonie française en Nouvelle-Zélande afin de faciliter leur approvisionnement en huile de baleine. Le capitaine Jean-François Langlois acheta la péninsule aux Māori pour mille francs. Une avance fut versée sous forme de troc, le reste du paiement devant se faire au moment de la prise de possession de la terre, lors de son retour. Après que les démarches pour envoyer une expédition de colonisation de l’île du sud furent faites en France, un petit groupe part en 1840. Mais les Anglais, ayant déjà la souveraineté de l’île du nord prirent facilement possession de la totalité de la Nouvelle-Zélande quelques semaines avant le retour des Français…

Ceux-ci dirigés par Lavaud (qui donna son nom à une rue d’Akaroa) durent se contenter de fonder un petit village sous souveraineté étrangère. De ce fait, un certain nombre de Néo-zélandais, descendent des colons français. Nous avons bien failli ne pas avoir à ouvrir grand nos oreilles pour comprendre les Kiwis…

Le festival français d’Akaroa :

Fière de ses origines, Akaroa se drape chaque année des couleurs tricolores à l’occasion du  » French Fest « . Les festivités sont rythmées par un défilé militaire, un défilé de voitures françaises de collection, mais aussi par une démonstration de cuisine, des projections de films français, un course de garçons de café, et des ventes de produits français (crêpes, bières, moutarde,…) Nous pouvons noter aussi la présence de l‘alliance française, association à but non-lucratif qui offre la possibilité d’apprendre le Français ainsi que l’histoire et la culture du pays.

Un des temps forts de la fête consiste en la reconstitution du débarquement des colons, par des marins de l’armée française venus spécialement de Nouvelle-Calédonie pour l’occasion.

Ce week-end particulier est également animé par des concerts et un feu d’artifice.

Le beau temps étant au rendez-vous, beaucoup de pique-nique s’organisent au bord de l’eau. Nous découvrons, quant à nous, les moules néo-zélandaises. Beaucoup plus grosses que nos moules françaises, elles sont vertes, nacrées à l’intérieur et ont un goût beaucoup plus fort.

Après le déjeuner, nous flânons dans la ville et sur le port. Nous y croisons, juchés sur leurs grands vélos, des « policiers français d’un temps révolu », mais aussi quelques marins français basés à Nouméa, visiblement ravis de leur expérience militaire aux antipodes.

Sur le chemin du retour, nous rendons visite à un ami de Karin et Rients. Cet allemand d’origine, marié à une Néo-Zélandaise, occupe une maison vide-grenier, par excellence. Brocante à tous les étages, à l’intérieur comme à l’extérieur, densité et diversité sont au rendez-vous… Nous visitons aussi l’atelier de couture de la maîtresse des lieux, un vrai  » bazar organisé  » qui donne de jolies robes.


Notre première expérience de wwoofing

// 13 janvier 2009 // 6 Commentaires » // Wwoofing

Rangiora, du 5 au 13 octobre 08

Le lundi 5 Octobre 2008, nous récupérons le van et partons à la rencontre de nos premiers hôtes de wwoofing. Après de nombreuses réponses positives, suite à la bonne vingtaine de mails envoyés de peur de ne rien avoir, nous avons choisi cette première adresse parce qu’elle est la plus proche de Christchurch. En effet, n’étant pas sûrs d’avoir un van, nous devons rester à proximité de la ville. De plus, nos hôtes montrent un intérêt particulier pour nos professions respectives.

Présentation des hôtes :

Karin et Rients, originaires de Hollande, sont arrivés en Nouvelle-Zélande il y a 25ans : décision prise pour s’offrir une vie moins polluée et plus proche de la nature ainsi qu’à leurs enfants. Ils se lancent alors dans la production de fromages de leur pays d’origine, notamment le gouda. Ils créent ainsi une niche, dans la région. Très vite, la réputation de leur « cheesefactory » devient nationale et leur entreprise prend de l’ampleur. Vingt ans plus tard, ils prennent leur retraite et s’installent à Rangiora. Karin veut y créer une retreat, et Rients prend plaisir à entretenir la propriété et le potager. Les objectifs de Karin pour sa retreat sont d’offrir un environnement apaisant et une nourriture saine à toute personne ayant besoin de « soins » de bien-être, d’écoute, d’attention… Elle propose une gamme de prestations allant du massage, spa, sauna, jusqu’à la thérapie (paroles, drawing thérapie), mais aussi des séjours de repos en pension complète avec repas bio,… Il est difficile pour Marie de comprendre quels sont réellement les tenants et aboutissants de son travail. Lors de la prise de contact avec Karin par mail, elle montre un réel intérêt à la profession de Marie, mais lorsque celle-ci aborde le sujet avec elle, Karin fuit quelque peu la conversation. Le barrage de la langue en rajoutant, nous n’avons pas réellement échangé sur ce terrain. Ce que nous avons pu en comprendre, c’est que c’est davantage une approche spirituelle et de bien-être qu’elle propose.

Notre rôle :

A raison de quatre heures quotidiennes cinq jours par semaine, nous sommes invités à aider Rients à entretenir la propriété. Karin propose également à Ludo de faire quelques photos pour communiquer et promouvoir sa « retreat ».Nous sommes logés dans une chambre indépendante de leur maison dont la baie vitrée donne sur le potager. Il est très agréable de se réveiller avec le chant des oiseaux le matin. Nous partageons les repas, excellents d’ailleurs. Nous débutons nos travaux d’extérieur par du ramassage de crottin de cheval pour en faire du compost,  mais aussi à rentrer du bois pour les trois prochains hivers (ça en fait du bois !). N’oublions pas ce qui sera notre premier mot de vocabulaire agricole en anglais : le weeding (désherbage).  Dans le cas présent, on peut plutôt parler de défrichage. Difficile de distinguer les plantes à laisser de ce fouillis de mauvaises herbes à enlever. Le résultat est à en faire pâlir le jardinier sans reproches qu’est le père de Marie. En effet, est-ce normal que le résultat soit pire que le jardin paternel avant désherbage ? Cela satisfait en tout cas nos hôtes, tout comme la vitesse à laquelle nous avons rentré le bois.

En fin de semaine, nous avons droit à un petit resto indien pour fêter leur anniversaire de mariage, et à une virée au Sud de Christchurch, à Akaroa. Nous sommes très contents de notre semaine au grand air. Rients s’amuse à l’idée que nous allions ensuite à « The food farm » pour notre deuxième expérience de wwoofing. Il se trouve qu’ils connaissent les propriétaires de cette ferme, et nous sous-entendent qu’on va travailler bien plus…Nous finissons notre expérience ici, par deux jours de prise de vue pour la promotion de la « retreat ». Ludo apprécie de se retrouver dans son élément, mais a cependant du mal à se remettre dans l’esprit après une semaine de jardinage « terre à terre ». Depuis le début du voyage, le photographe était concentré dans ses prises de vues. Le fait de travailler quelques jours au jardin et d’être confronté à des préoccupations loin des sphères de l’imaginaire lui a fait beaucoup de bien. Mais lorsqu’il revient à la photographie, la transition est quelque peu perturbante pour lui. Il lui faut réactiver les neurones créatifs. Il ne pensait pas être aussi haut dans les nuages en temps normal mais Marie, elle, en était déjà persuadée…

Coup de coeur :

Nous avons énormément apprécié de nous retrouver au milieu de la nature et d’y travailler sous un soleil agréable. Ludo a beaucoup apprécié l’esprit bien-être et détente ainsi que la nourriture très équilibrée et saine, sans oublier le Pastis proposé par le maître de maison… Nous sommes unanimes devant la magnifique compote de rhubarbe de Karin et le délicieux yaourt maison de Rients. Nous pouvons souligner la générosité de nos hôtes qui nous ont offert de « vieilles » affaires de camping pour aménager notre van et qui ont eu la gentillesse de nous inviter à les accompagner à Akaroa.

Coup de gueule :

On adhère un peu moins sur le manque de clarté dans les motivations de nos hôtes à accueillir des wwoofers. En effet, le but du wwoofing est de soutenir les initiatives dans le domaine du biologique et d’enseigner cet art aux volontaires. Hors, l’aide volontaire dans le domaine du bien-être rentre-t-elle dans le cadre du wwoofing ? Même si nous avons fait des travaux en extérieur avec quelques techniques naturelles (compost et désherbage), nous avons plus l’impression de jouer les jardiniers privés que de soutenir une quelconque initiative biologique.  Si nous nous attendions à cette situation, nous espérons, dans l’avenir, approcher de plus près ce qu’est l’agriculture bio et la vie à la ferme.