Archives de février 2009

Queenstown et ses environs

// 28 février 2009 // 15 Commentaires » // Nouvelle-Zélande

Nous arrivons à l’extrémité sud du lac Wakatipu le Jeudi 12 Février en fin de soirée. Le temps est frais mais l’ambiance paisible nous invite à rester dormir ici, à Kingston.

Kingston

Nous arrivons à Kingston pour y dormir sur la rive du lac le Jeudi 12 Février.

Le lendemain matin, le bruit de la locomotive à vapeur nous réveille agréablement, et nous pouvons observer ses allers et venus depuis la vitre arrière de la Wakamobile. Tout ceci nous donne une jolie ambiance de ruée vers l’or dans la brume matinale. Nous restons bien au chaud dans le van à travailler pour Wakatrip, jusqu’à ce que les nuages se lèvent, découvrant les sommets fraîchement poudrés de neige. Nous découvrons alors le lac Wakatipu et ses environs sous les premiers rayons du soleil : charmant !

Queenstown

Nous passons les quelques jours suivants à Queenstown. Cette région jusqu’alors très paisible, se voit révolutionnée en 1862 par la ruée vers l’or. Le nombre de ses habitants décuple en 6 mois et les tentes poussent comme des champignons sur les collines alentours. C’est pourquoi la ville fut d’abord appelée Camp Town. Le folklore local raconte, qu’elle fut ensuite appelée Queenstown par des chercheurs d’or qui décrivent le lieu comme digne d’une reine.

Aujourd’hui, ce sont les loisirs nautiques et à sensations fortes qui assurent son économie florissante.

En effet, Queenstown est capitale mondiale de l’aventure (autoproclamée) : Jet Boat,  Jet ski, saut en parachute, chute libre, saut à l’élastique, ski nautique….

Lors de notre première rencontre avec les berges de Queenstown depuis lesquelles nous observons le ballet nautique, nous avons juste le temps de réaliser que le soleil est agréable avant de comprendre que nous sommes déjà brûlés !  Le lendemain, le temps un peu plus couvert nous permet d’attaquer une petite randonnée.

Queenstown Hill

Nous commençons une randonnée en forêt où nous rencontrons des champignons vénéneux. Les arbres élancés grincent sous le vent. Puis un premier point de vue dégagé sur le lac Wakatipu s’offre à l’objectif de Ludo. En effet, une pierre s’avance fièrement dans le vide offrant un promontoire aux randonneurs. Sur les dernières montées, la végétation se fait plus rare et nous finissons parmi les moutons, le vent et les nuages laissant filtrer de jolis rayons lumineux. Un dernier effort nous offre une vue à 360° sur le lac et l’autre flanc de la colline. 500m de dénivelé, 3 petites heures de balade et nous sommes récompensés par ce joli panorama sur le lac et les montagnes environnantes.

Les Kiwis

Nous avons également pu faire la connaissance des kiwis (les oiseaux). Leur allure entre titubation et Gaston Lagaffe leur procure un côté sympathique et attendrissant. On comprend alors pourquoi ils sont tant aimés ici, et ont été choisis comme emblème national. C’est vraiment un animal atypique avec ses plumes-poils, l’absence de ses ailes, son long bec qui paraît avoir plusieurs rôles : fouiller dans les sous-bois, appuis, reconnaissance du milieu dans lequel il évolue. Ses habitudes, attitudes et bruissements ne le font ressembler à aucun autre animal.

Le village Chinois d’Arrowtown

Le village retrace la vie d’un campement de Chinois invités à rejoindre la Nouvelle-Zélande pour continuer le travail de chercheurs d’or entrepris par les Pionniers. La plupart sont venus d’Australie où ils travaillaient sur d’autres mines. Mais si l’état néo-zélandais les embauche, ils souffrent en revanche du racisme des habitants, et restent en marge de la société, dans des conditions de vie précaire. Malgré tout, quelques-uns finiront par obtenir la reconnaissance des Européens suite à des actes héroïques ou considérés comme tels. (Sauvetage des eaux,…)

Glenorchy

A l’extrémité nord du lac Wakatipu, Glenorchy est le lieu où les rivières de Dart et Rees convergent et se jettent dans le lac. Les grandes vallées glacières s’enfoncent dans les parcs nationaux du Mont Aspiring et du Fiordland.

Nous arrivons dans l’après-midi à proximité du lac et prenons du bon temps. La température extérieure est sympathique, mais les sandfly nombreuses. On passe ensuite la soirée à nous amuser avec des morceaux de bois et des lampes de couleurs pour une séance photo assez amusante.
Deux heures après notre coucher, il pleut à verse,  et nous pouvons faire une croix sur la randonnée prévue le lendemain. Même si ce n’était pas la raison de notre présence ici, nous nous sommes bien amusés avec cette soirée « light painting ». Le résultat n’est pas à la hauteur de nos espérances, on nous excusera, vu le froid de la nuit et les sandfly qui prolifèrent aux bords du lac.

Le lendemain, nous reprenons donc la direction de Queenstown où le temps est tout aussi mauvais. Nous décidons alors de continuer vers le Nord.

En route vers le nord

Nous finissons notre course et nous installons pour dormir à Wanaka où les nuages sont toujours aussi nombreux. Le samedi, nous essayons à nouveau de fuir le mauvais temps, et cela nous conduira finalement à Christchurch où nous passerons le week-end. Le lundi en milieu d’après-midi, nous récupérons à l’aéroport deux Frenchies bien fatigués.

Démarrage difficile

Après avoir pris possession d’un camping-car qui sera notre nouvelle maison sur roues pendant 2 semaines, nous prenons la direction de la Food Farm pour y déposer la Wakamobile. Après une visite-éclair chez nos hôtes de wwoofing, nous avions prévu de partir très vite vers le Sud, en direction du Mont Cook, seulement voilà, le nouveau bolide ne redémarre pas.

Après quelques coups de fil, la visite d’un garagiste et une bonne soirée conviviale, nous partons nous coucher dans notre maison sur roues qui ne roule pas !

Le lendemain, nous poussons, nous tirons avec la voiture de Nick, et l’engin redémarre facilement. Mais voilà, dans les nids de poules de la Food Farm, on cale et on recommence manu militari. All Blacks ou pas, nous parvenons à faire reculer le véhicule et à le démarrer en marche arrière. La mission suivante est de ne plus caler jusqu’à Christchurch, où un garagiste très sympa nous remplace le contacteur du démarreur en moins d’une heure. S’ensuit un nouveau départ.

Nous pouvons enfin commencer notre périple. Mais il faut savoir que la météo ne vaut guère mieux que l’hiver français… Et, bon feeling de Ludo, nous prenons la direction d’Arthur’s Pass plutôt que celle du Mont Cook prévue initialement.

A suivre…

La Photo du jour : Le lac Wakatipu

// 27 février 2009 // 3 Commentaires » // La Photo du jour

Le lac Wakatipu, Central Otago

Le lac Wakatipu, Central Otago

( Cliquez sur la photographie pour l’agrandir )

La princesse Manata est enlevée par Matau, le géant Maléfique. Son fiancé, le guerrier Matakauri, réussit à la délivrer, mais fou de rage, il met le feu à toute la vallée pour se venger. Le géant Matau, endormi dans un bosquet, n’a pas le temps de réagir, qu’il agonise déjà. Tordu de douleur, les pieds à Kingston, les genoux à Queenstown et la tête à Glenorchy, le sol prend la forme de son corps sous l’effet de la chaleur. L’incendie ayant provoqué la fonte des neiges, l’eau envahit progressivement l’empreinte laissée par le géant maléfique formant ainsi le Whakatipua (l’espace du démon), aujourd’hui appelé : lac Wakatipu.

Les Maoris expliquent les variations du niveau de ce lac,  long de 82 kms, par la présence, encore à l’heure actuelle, du cœur de Matau le géant, au fond de Wakatipu. En effet, le niveau de l’eau monte et descend de 7 à 12 cms, toutes les cinq minutes.

Pour ceux qui douteraient de l’intervention véritable des battements de cœur du maléfique dans cette affaire, sachez qu’aucune explication scientifique n’a pu démentir la légende maorie.

La Photo du jour : Un soir de brume

// 26 février 2009 // 2 Commentaires » // La Photo du jour

Un soir de brume

Un soir de brume

( Cliquez sur la photographie pour l’agrandir )

Porpoise bay et Curio bay

// 22 février 2009 // 11 Commentaires » // Nouvelle-Zélande

Le soleil brille et nous sautons sur l’occasion pour mettre le Cap vers l’Est. Porpoise bay, nous voilà !

Porpoise bay et ses habitants

A peine un œil sur les premières vagues qui déferlent sur la plage, les céphalorhynques à front blanc ou « Hector’s dolphins » sont là, accompagnant baigneurs et plongeurs. Chaque année, une vingtaine de ces dauphins, les plus petits au monde, élèvent leurs jeunes dans cette baie. Ils s’approchent parfois jusqu’à une dizaine de mètres du rivage.

Le site est très beau et la météo clémente. Nous pourrions rester des heures ainsi, les yeux dans les vagues, à guetter la moindre apparition des ces petits dauphins noirs et blancs. Magique !

En fin d’après-midi, nous quittons le promontoire d’où nous avions une vue imprenable sur Porpoise bay et ses petits habitants, pour nous rendre quelques centaines de mètres plus loin. Nous voudrions voir ce que peut bien être cette forêt fossilisée, indiquée sur Curio bay. Seul un petit cap (où nous nous trouvions il y a quelques minutes) sépare ces deux baies.

Curio bay

Ce sont en fait des vestiges fossilisés d’une forêt datant du milieu du Jurassique (160 millions d’années) qui apparaissent ici à marée basse. La forêt se composait de kauris et de conifères avant d’être recouverte de lave et de cendres. Après quoi cette région s’est retrouvée sous les eaux, pour ensuite ré-émerger, révélant ce site exceptionnel.

La plage est constituée d’une plateforme rocheuse. A marée basse, les vagues heurtent avec violence ses parois qui descendent à pic. Ludo pourrait rester des heures ainsi à observer, comme dans un rêve, au loin, les vagues, qui rencontrent la façade des falaises. Le blanc de l’écume contraste avec la roche en contre-jour. Cela procure à notre photographe le sentiment de se trouver sur une terre perdue au milieu de l’océan.

Une faille sur la droite, voit les vagues s’y engouffrer, mettant alors en mouvement d’énormes algues accrochées de part et d’autre du sillon.

Dans cet univers fabuleux, évoluent les manchots antipodes, revenant de la pêche, et donnant la becquée à leurs petits. C’est là encore un grand moment.

Cycle de vie des manchots antipodes

La maturité sexuelle des mâles est atteinte entre l’âge de 3 et 5 ans. Les femelles peuvent, quant à elles, se reproduire à partir de 2 à 3 ans. Les couples construisent leur nid dans un territoire déterminé, qu’ils gardent d’année en année. La sélection du nid, très importante pour le lien du couple, a lieu en Juillet/Aout, période pendant laquelle ils sont très sensibles au dérangement.

La plupart des nids sont situés à quelques centaines de mètres de la mer. Souvent en hauteur et isolés, ils sont constitués d’herbes, de brindilles, de feuilles,…

Deux œufs sont pondus, dans un intervalle de 3 à 5 jours, durant la première moitié du mois de septembre. Si les œufs sont perdus, les manchots antipodes n’ont pas la possibilité de pondre à nouveau dans l’année.

Les deux adultes se relaient sur des périodes de 1 à 7 jours, pour couver les œufs. L’éclosion intervient 39 à 51 jours après la ponte et environ 80% des œufs s’ouvrent sur un petit manchot. Dans un premier temps, un des deux parents reste toujours avec les bébés. L’adulte parti en pêche nourrit les petits à son retour par régurgitation.

Puis, au bout de six semaines, la croissance rapide des petits qui demandent de plus en plus de nourriture, force les parents à partir tous les deux en mer. En fin d’après-midi, ils reviennent nourrir leurs jeunes et s’en occupent toute la nuit.

Les manchots adolescents commencent leur mue en février, tout comme les jeunes adultes non reproducteurs, et les reproducteurs ayant perdu leurs œufs.

Puis, fin Février, début Mars, les adolescents quittent le nid et deviennent indépendants. Mais leur mortalité en mer est très élevée : de l’ordre de 75 à 80% avant leur maturité sexuelle.

Les parents, qui ont nourri leurs jeunes jusque là, muent trois semaines après le départ de ceux-ci du nid. Ces trois semaines leur sont nécessaires pour recouvrer leur masse graisseuse en pêchant activement.

La mue dure généralement 3 à 4 semaines, pendant lesquelles les manchots antipodes ne peuvent pas aller en mer pour se nourrir.

Les manchots sont des mangeurs opportunistes, leurs préférences varient en fonction de ce qu’ils trouvent et la taille de leur proie (jusqu’à 10 cm). Ils peuvent plonger jusqu’à une profondeur de 100 mètres pour trouver leur alimentation, et s’éloigner jusqu’à 50 kms des côtes.

Tout comme ils aiment retourner sur leur lieu de naissance pour se reproduire, ils sont très attachés à leur lieu de pêche.

Ce qui met en danger l’équilibre fragile de cette espèce menacée :

Les prédateurs du manchot antipode sont nombreux. Sur terre, les hermines, furets et chats sauvages sont les principaux ennemis des jeunes. Le chien reste le plus grand danger des adultes.

Dans l’eau, ce sont les lions de mer, les phoques léopards, les requins mais aussi les filets de pêche qui augmentent considérablement la mortalité de l’espèce. Les changements climatiques et la faible reproduction des poissons (pouvant entraîner la famine) sont aussi des facteurs aggravants.

Pour bien terminer la journée

Après deux bonnes heures passées à se promener sur cette plage de Curio bay, nous retournons sur notre promontoire de l’après-midi, et assistons alors à un superbe coucher de soleil sur les hauteurs environnantes. Incorrigibles, nous allumons l’ordinateur pour visionner les photos de la journée, avant de pouvoir trouver le sommeil.

Réveil tout aussi charmant

Le lendemain matin, pour le petit déjeuner, nous avons le droit à un spectacle aquatique. Nous nous gavons de ce paysage et des scènes marines que les flots laissent apparaître le temps d’un instant, parfois ponctuées d’un saut aérien. Il est malheureusement difficile de saisir ces instants magiques en photo…Ne vous reste plus qu’à faire le voyage pour en profiter vous aussi…

Sur le chemin du retour vers Invercargill, nous ressassons ces moments intenses. De voir ces petits dauphins si rares, s’approcher autant des hommes et de la plage nous a paru tellement incroyable !

Tout comme les manchots antipodes, en voie de disparition, que nous nous défendions d’approcher de peur de perturber leur retour vers le nid après la pêche, et qui, contre toute attente, viennent à la rencontre de l’objectif de Ludo.

Là, nous avons vraiment le sentiment d’être face à une nature entièrement préservée, et espérons vivement qu’elle le reste encore longtemps… malgré tous les terrains en construction que nous avons pu apercevoir le long de la baie…

Invercargill

// 22 février 2009 // 8 Commentaires » // Nouvelle-Zélande

Le vendredi 30 Janvier en fin d’après-midi, nous arrivons à Invercargill. Ce pôle économique du Southland est aussi la ville la plus méridionale de la Nouvelle-Zélande.

A peine avons-nous trouvé notre camping pour le soir que nous décidons, sur un coup de tête, de partir à la recherche d’une plage pour assister au coucher du soleil.

Oreti beach

Même si ne nous sommes pas les seuls à avoir eu cette idée, nous ne sommes pas déçus de notre décision. En effet, un alignement de voitures, pare-brise vers les flots, nous accueille à l’entrée de la plage. On pourrait se croire dans un ciné de plein air à l’Américaine. Mais grâce à notre super Wakamobile tout terrain, qui passe fièrement devant la foule, nous allons nous installer un peu plus loin sur la plage de sable, pour admirer le spectacle de l’Astre.

Boulot Bluff Boulot

Jusqu’au 12 Février, nous nous lançons un défi : DEFINITIVEMENT rattraper le retard sur le blog ! Nous y travaillons d’arrache-pied !

On ne peut pas dire que nous ayons choisi la région à la météo la plus clémente pour notre QG, mais c’est peut-être préférable pour œuvrer.

Lors d’une apparition timide du soleil, nous prenons une pause et partons visiter Bluff.

Bluff, située à une vingtaine de kilomètres au sud d’Invercargill, est le point de départ des ferries pour Stewart Island. Cette île est restée très sauvage : 400 habitants et deux fois plus de Kiwis. Passage obligatoire, nous nous rendons à Stirling Point et ses panneaux indicateurs mondialement connus. Après quoi, nous retournons nous mettre au travail au camping.

Au bout de quelques jours, nous sommes contents de l’avancée du « chantier Wakatrip ». Nous estimons alors mériter une deuxième pause, plus longue, et partons les 5 et 6 Février, à la rencontre des dauphins d’Hector. Cet événement fera l’objet du prochain article. Après quoi, nous reprenons une fois encore le travail sur le blog, de nouveau à Invercargill et ce jusqu’au 12 Février.

Pour dire au revoir à la ville, nous allons visiter son musée. Nous nous laissons glisser dans l’univers enfantin de la première pièce, consacrée aux illustrations de la littérature infantile néo-zélandaise, très riche.

Le musée est également une mine d’informations sur la culture maorie, ainsi que sur la faune et la flore du pays et des îles voisines situées plus au sud.

Les Catlins

// 21 février 2009 // 7 Commentaires » // Nouvelle-Zélande

Mercredi 28 janvier, fin d’après-midi : après quelques jours de travail sur Wakatrip, nous voilà de nouveau sur la route en direction des Catlins. Cette région doit son nom à Edward Cattlins.



Les Catlins

En 1840, Edward Cattlins, capitaine de la marine marchande, achète une grande partie de cette côte aux Maoris. Cependant, en 1873, 17 ans après sa mort, les autorités ne valident pas entièrement cet achat. Seule une partie de côte sauvage porte désormais son nom, écorché par un « t » oublié.

Au sud du pays, préservé du tourisme de masse, cette région est riche de forêts luxuriantes, de côtes escarpées et de grandes plages fréquentées par une faune rare et diversifiée.


Dodo à Kaka point

Nous nous y installons pour dormir, à proximité de l’océan. Cela faisait longtemps que nous n’avions pas fait de camping sauvage, et nous apprécions d’autant plus le roulis des vagues et les bruits d’oiseaux qui nous bercent toute la nuit.

Jeudi matin, au réveil, nous remarquons au loin, une « grosse pierre noire » qui ressemblerait bien à un énorme lion de mer. Sur le chemin que nous empruntons pour aller voir de plus près ce qu’est « cette grosse roche qui bouge », nous lisons dans un guide qu’il est possible d’apercevoir sur cette partie de la côte, le plus grand pinnipède du monde : l’éléphant de mer, dont le poids peut atteindre 3,5 tonnes. Nous sommes alors persuadés que cela en est un, vu la taille du phénomène…

Nous allons lui rendre une petite visite sur la plage, à distance raisonnable. Puis nous rebroussons chemin, et lorsque nous démarrons la voiture, un deuxième énergumène sort de l’eau, juste devant nos yeux. Il remonte péniblement sur le sable, en faisant plusieurs pauses, et finit par se camoufler dans la végétation qui borde la plage. Nous prenons ensuite la direction de Nugget Point.

Nugget Point

Perché sur un promontoire, un phare construit en 1869, monte la garde sur une vue à couper le souffle. Pour y accéder, nous empruntons un sentier dont les 10 petites minutes de marche sont récompensées par un panorama extraordinaire. Une série de rochers en enfilade, battus par le vent et la houle, se dévoilent à nos yeux dans le prolongement de ce bout de terre que nous foulons. Après s’être enivrés de ce paysage, nous nous résignons à regagner un camping à proximité.

Sur le chemin, nous faisons deux haltes. La première à Cannibal Bay qui porte ce nom en raison d’ossements humains découverts par le géologue James Hector. Il en conclut à l’époque à la pratique cannibale chez les Indigènes. Mais d’autres données scientifiques, laissent aujourd’hui penser qu’il s’agirait d’ossements provenant d’un cimetière maori. La deuxième halte à Surat Bay nous encourage surtout à prendre le chemin du camping rapidement, face au froid et à la pluie qui s’installe.

Vendredi 30 Janvier, la journée des cascades !


Purakaunui Falls

L’eau dévale sur 20 mètres de hauteur le long d’une série de pierres en terrasses qui façonnent joliment cette cascade tout en largeur. Accessible au prix de 10 petites minutes de marche en forêt, c’est la cascade la plus visitée des Catlins.

Un Japonais montre le mauvais exemple à Ludo, qui, à son tour, se dirige vers le pied de la cascade, de l’autre côté de la balustrade. « J’ai bien failli glisser dans l’eau fraîche mais le point de vue était plus authentique et surtout plus …en immersion ! Une pause longue au trépied, m’a permis d’immortaliser le flux de la cascade »
Que les lecteurs se rassurent, l’immersion dont parle Ludo est juste photographique !

A Papatowai, nous découvrons ensuite un univers particulier et insolite : « The lost Gipsy Gallery ». Un bus vert chauffé à l’énergie solaire et éolienne, abrite les inventions farfelues d’un artiste-bricolo, qu’il créé à partir de matériaux de récupération. Marie a trouvé quoi faire des coquillages qu’elle récolte sur les plages, et Ludo est très fier d’avoir fait le figurant pour la NZ tv, en reportage dans le bus.

En continuant sur la Southern Scenic Route, nous arrivons sur un petit parking surplombant la baie de Tautuku, et sa grande plage battue par les vents. Nous profitons du panorama pendant la pause déjeuner, puis prenons la direction des Mac Lean Falls.

Les Mac Leans Falls

D’une hauteur de 22 mètres, et d’un débit plus impressionnant, ces cascades sont plus spectaculaires que les précédentes. Nous y accédons après 20 minutes de marche et, mauvaise habitude prise le matin, nous nous installons à nouveau sur une grosse roche, au pied de la première moitié de la chute. Nous profitons ainsi pleinement du spectacle de cette eau vive, et des sons qui s’en échappent.

Notre photographe a aussi pu tenir « dans ses mains » pour la première fois de sa vie, un 5D Mark II. Cela ne vous parle peut-être pas, mais moi, j’entends parler tous les jours de cet appareil photo tant désiré…

Ludo : « Au bord du ravin surplombant la cascade, nous avons rencontré un Australien, qui pour mieux me montrer son 5D Mark II tout neuf, me demande quel appareil j’utilise. De quoi attiser ma jalousie… Il me le prête gentiment afin que je le teste, pas très rassuré quand même, face à mes yeux remplis de convoitise. Je dois bien avouer que mon esprit, faible, a imaginé, l’espace d’un instant, l’appareil dans mes mains et l’Australien au fond du ravin… Mais ma conscience m’en a empêché. :) »

Puis, nous prenons la direction d’Invercargill, et pendant tout le trajet, de quoi entend parler Marie…? Je vous laisse deviner !

La péninsule de l’Otago

// 20 février 2009 // 9 Commentaires » // Nouvelle-Zélande

Mercredi 21 et Jeudi 22 Janvier


La péninsule de l’Otago, longue de 24 kilomètres, recèle des trésors de faune et de flore. Les paysages, composés de collines verdoyantes, de falaises déchiquetées et de baies ensablées, ont fait notre bonheur tout au long des deux jours que nous leur avons consacrés.

Formation de la péninsule

Les collines de cette péninsule, qui protègent le port de Dunedin de l’océan, sont d’origine volcanique. Les dernières éruptions remontent à 10 millions d’années, et la baie de Dunedin (Otago Harbour) est, en fait, le vestige d’un immense cratère.

Les stars de la péninsule

Le cap, répondant au nom de Taiaroa Head, abrite la seule colonie continentale d’Albatros royaux. C’est le seul lieu de résidence, à proximité de l’Homme, de ces oiseaux majestueux. Un observatoire y a été construit. Il permet pour la coquette somme de 40 dollars NZ, d’en apprendre davantage sur ces étonnants voyageurs et d’observer les quelques futurs parents ici à résidence, en train de couver leur unique œuf. En effet, les albatros n’ont qu’un jeune tous les deux ans.

Nous avons cependant renoncé à payer ce droit d’entrée à l’observatoire devant la mine déconfite des touristes qui en sortaient. En effet, les albatros sont surtout visibles dans les cieux par grand vent. Et aujourd’hui, pas une miette… Nous sommes beaucoup moins motivés à l’idée de ne voir qu’un ou deux albatros couver, et de surcroît au travers d’une vitre ! Nous espérons que l’occasion de voir planer gracieusement ces mastodontes des mers, pouvant atteindre 3,2 mètres d’envergure, se présentera ailleurs : c’est plus excitant !

En revanche, nous rencontrons pour la deuxième fois le « little blue penguin », manchot pygmée, au pied de la falaise de l’observatoire. Cette fois, Ludo est ravi de vous présenter ce petit phénomène dans la galerie photos d’aujourd’hui. Nous saluant depuis l’entrée de son terrier, il a été possible de le photographier sans le flasher.


Sandfly bay

Le lendemain, nous décidons de sortir des sentiers battus et prenons au hasard une petite route sur la péninsule. Nous nous retrouvons à proximité de Sanfly bay. Nous espérons très fort que ce n’est pas le repaire des sales petites bêtes qui piquent dont on vous a déjà parlé, mais plutôt que ce nom fut donné à cette grande plage de sable, en raison de la quantité de sable soulevé lorsqu’il y a du vent.

Nous descendons une petite piste, puis finissons notre course dans les dunes en pente raide. Nous pensons déjà au retour, qui se fera sans nul doute, davantage dans la douleur que l’aller.

Parvenus à destination : pas de sandfly, pas un poil de vent, mais une très longue plage de sable blond, truffée ça et là de quelques lions de mer. Il faut d’ailleurs se méfier de ne pas trop s’en approcher car camouflés dans le sable, on aurait vite fait de mettre le pied dessus.

Nous passons beaucoup de temps à les observer. Un perturbateur sort de l’eau et cherche à s’installer à proximité d’un couple. Cela donne lieu à de la bagarre. Les énergumènes se dirigent parfois vers nous, nous forçant à reculer. Méfiance, ils sont en période de rut, ce qui accroît leur agressivité.

Le temps, d’abord couvert, s’éclaire soudainement, et le soleil se met à taper très fort. Marie, qui a perdu ses lunettes de soleil…, doit se résoudre à se mettre à l’ombre des dunes (après avoir soigneusement vérifié qu’elle n’avait pas de voisins). C’est très amusant d’observer les techniques d’approches de Ludo et d’un autre photographe, face au lion de mer perturbateur qui tente sa chance auprès de chacun de ses semblables sur la plage.

Ludo rejoint l’ombre à son tour et nous assistons à une attaque plus marquée de l’agitateur. L’autre photographe, sa femme sur les talons, tente d’approcher de plus en plus la bestiole. Nous avons presque l’impression qu’il cherche l’affrontement avec la bête. C’est ce qu’il obtiendra en tout cas, mais voulant fuir devant la charge, il fait tomber Madame… ah, ces hommes !… enfin, pas de bobos. Nous avions même l’impression que c’était un peu prémédité. Pas pour se débarrasser de sa femme ça non, mais pour avoir un beau cliché. Marie espère très fort de ne pas servir ainsi d’appâts lorsque nous irons à la rencontre des cachalots…

Mais revenons à notre gros lion de mer, qui n’a toujours pas trouvé la compagne idéale à côté de qui s’installer. Après avoir fait une petite frayeur au Monsieur un peu pot de colle, il dévie sa trajectoire. Il préfère finalement aller s’ensabler dans les douves d’un château de sable que deux enfants achevaient de construire. Nous ne saurons jamais s’ils ont réussi à récupérer leurs petites voitures, garés sur l’édifice.

Nous jetons un dernier coup d’œil sur les quelques fous qui se baignent dans l’eau glacée, avant d’amorcer la remontée dans les dunes. Nous réalisons alors que nous n’avons pas que des yeux pour faire la mise au point dans l’objectif et des doigts pour taper les articles, mais aussi des jambes…oh ! Et des poumons… ah ?

Un dernier regard sur la plage depuis les hauteurs (pour reprendre notre souffle aussi), et nous regagnons la Wakamobile. A la rédaction de cet article, nous trouvons sur internet la réponse concernant l’origine du nom de « Sandfly bay ». Beaucoup de locaux pensent que cette plage est assaillie par les sandfly, à tort, puisque c’est en raison de sa côte, très souvent battue par les vents qui soulèvent le sable des dunes, que ce nom lui a été attribué.


Nous sommes ravis d’avoir passé l’après-midi ici plutôt que d’être allés à l’observatoire des albatros.  Nous avons vraiment vécu un très bon moment sur cette plage. Et puisque nous avons des jambes et des poumons, nous décidons de faire un peu de sport les jours suivants dans les parcs de Dunedin. Nous nous défoulons également sur la table de ping-pong du camping, entre la rédaction de deux articles, bien sûr ! Nous ne sommes malheureusement pas en mesure de vous communiquer les résultats…puisque nous avons une version un peu différente des faits…