Archives de février 2009

Dunedin

// 20 février 2009 // 9 Commentaires » // Nouvelle-Zélande

La région de l’Otago

Dans un premier temps, les Maoris s’installèrent dans cette région et y exploitèrent les richesses naturelles : mer, forêt, jade avec laquelle ils faisaient du commerce avec d’autres tribus.

Le nom du village qu’ils établirent ici, OTAKOU, est à l’origine du nom de la région d’Otago. Les colonisateurs l’appelèrent ainsi, en rapport avec les sonorités du nom maori.

Au XIX siècle, les baleiniers, les chasseurs d’otaries provoquent sans le vouloir un carnage sur les populations maories, qui furent décimées par des maladies européennes importées comme la grippe et la rougeole.

En 1861, de l’or est découvert à une centaine de kilomètres de Dunedin. Cette ville étant le port le plus proche, elle devient vite la plus importante du pays.


Dunedin, ville universitaire et centre culturel

Dunedin est aujourd’hui la capitale de l’Otago et la seconde ville de l’île du Sud. Elle porte fièrement ses origines écossaises tant dans son nom et celui de quelques-unes de ses rues, dans l’accent marqué de ses habitants, que dans ses traditions toujours vivaces. En effet, il n’est pas rare d’y croiser kilts et cornemuses. Dunedin devait originairement s’appeler New Edinburgh, mais ce fut finalement la version gaélique (Dun Edin) qui fut retenue.

La plupart des édifices de la ville datent de la grande époque qui a suivi la ruée vers l’or. Dunedin était alors le pôle économique de la Nouvelle-Zélande.

Cité estudiantine par excellence, elle n’accueille pas moins de 18000 jeunes chaque année, dans son université fondée en 1871. Cela représente 16% de la population, ce qui a une répercussion positive sur le dynamisme de la ville.

Petite anecdote : Dunedin détient le record du monde de la rue la plus pentue du globe, elle se nomme Baldwin street. Nous l’avons empruntée en montée avec la wakamobile…impressionnant, nous avions peur de reculer !

Nous avons passé un très bon moment au musée de l’Otago, c’est une vraie mine d’informations, notamment sur la faune et la flore néo-zélandaise. Mais il nous aurait fallu deux jours de plus pour parcourir l’ensemble des expositions.

La mode à Dunedin

En se promenant dans les rues de la ville, surtout en soirée, on se rend vite compte que les habitants portent un intérêt certain pour la mode.  Beaucoup ont des tenues extravagantes, parfois kitchs et aux couleurs vibrantes. Ils osent le style non conventionnel.

La municipalité soutient d’ailleurs les initiatives dans ce domaine en mettant à la disposition des jeunes créateurs, plusieurs studios de création où ils peuvent réaliser et vendre leurs vêtements. Cela s’appelle le DFI : Dunedin Fashion Incubateur.



Moeraki Boulders

// 19 février 2009 // 12 Commentaires » // Nouvelle-Zélande

Moeraki boulders :

Lors d’une tempête, la pirogue « Arai Te Uru », l’une des grandes embarcations qui amenèrent les ancêtres polynésiens des Maoris depuis « Hawaiki », fit naufrage. Sa coque s’est alors transformée en un récif, et les vanneries de nourriture ainsi que les calebasses échouées sur la plage, se sont figées en rochers. C’est la version des légendes maories.

Les boulders les plus larges peuvent atteindre 2, 2 m de diamètre ce qui leur a pris 4 millions d’années. Ils contiennent du carbonate de calcium, de la silice, de l’aluminium et du peroxyde de fer.

Ces sphères sont des concrétions  qui se sont formées il y a environ 60 millions d’années par accumulation de calcaire autour d’un noyau, lorsque cette partie de la NZ se trouvait sous les eaux. Des débris de coquillages et de végétaux se sont alors déposés au fond de l’océan, intégrant petit à petit la couche sédimentaire. Ainsi, pendant des centaines de milliers d’années, un minéral, le calcite, s’est accumulé autour des débris, formant des noyaux de plus en plus gros. Après le retrait des eaux, l’érosion a révélé cet étrange phénomène naturel enfoui,  dont la forme n’est en rien causée par l’action des vagues. D’autres boulders apparaissent encore maintenant dans la falaise.

Les énormes boulets de cette plage de Moeraki sont l’exemple le plus parfait de ce type de formation que l’on peut trouver partout dans le monde. Au milieu des années 80, deux concrétions du même type ont été découvertes au Sud de la plage de Moeraki. Elles contenaient pour l’une, un squelette de mosasaure, et pour l’autre, un squelette de plésiosaure, deux reptiles marins préhistoriques de plus de 7 mètres de long.

Cette surprise de la nature n’est pas grandiose dans le sens où ce n’est pas un site immense, mais elle vaut le détour pour la curiosité géologique qu’elle représente.

Au début, nous redoutons le temps menaçant. Nous avons peur que cela ne mette pas en valeur le site sur les photos. Mais finalement, le ciel noir donne à cette plage singulière des allures d’apocalypse qui rendent les boulders encore plus extraordinaires.

Nous échappons de peu à l’averse et à l’orage de grêles qui s’ensuit… enfin presque ! Sous le déluge, Ludo aide un père de famille en panne de batterie. On utilise pour la première fois les cosses de dépannage. Nous prenons ensuite la direction de Dunedin.


Timaru et Oamaru, cap vers le Sud

// 19 février 2009 // 11 Commentaires » // Nouvelle-Zélande

 

Nos premiers jours de Janvier sur Christchurch sont rythmés par le travail sur le WakaTrip et les balades dans la ville. Nous avions d’ailleurs publié quelques photos de cette période dans le galerie de Christchurch (cliquez ici pour les voir).

Au bout de quelques jours, nous voulons changer d’air et décidons de descendre progressivement vers le Sud en longeant la côte Est. Même si nous visitons au passage les lieux que nous traversons, nous continuons à œuvrer sur le blog tous les soirs. Pour ce faire, nous étrennons tous les campings afin de travailler dans de bonnes conditions. Peut-être pourrons-nous bientôt publier un guide des campings de l’île du Sud…

 

Timaru :

Le mardi 13 Janvier, nous passons par Timaru, la capitale du South Canterbury. Son nom puise ses origines chez les Maoris, qui ont nommé cette ville « Te Maru » qui signifie : lieu de refuge. Cette dénomination lui fut attribuée en raison du mouillage abrité qu’offre sa baie.

Cet arrêt fut pour nous l’occasion de rencontrer une famille française bien sympathique. Patrick, Flo et leurs deux enfants sont en Nouvelle-Zélande pour deux mois de Roadtrip en camping-car. Leur blog est à ne manquer sous aucun prétexte (cliquez ici pour y accéder). Nous aurons l’occasion de les recroiser à Oamaru, après quoi ils prennent la poudre d’escampette loin devant nous. Ils sont maintenant dans l’île du Nord.

Nous passons aussi un agréable moment à l’Aigantighe Art Gallery. Son nom gaélique est à prononcer « egg and tie » et signifie : « à la maison ». C’est la troisième plus grande galerie de l’île du sud. Elle abrite des peintures anglaises et néo-zélandaises, ainsi que quelques européennes. Son jardin est également truffé d’œuvres d’art : des statues de « pierres originaires » du Zimbabwe et du Japon.

Nous admirons l’adresse avec laquelle cette galerie permet aux enfants d’accéder à l’Art. Déguisements, questionnaires, … Un jeu de piste est rythmé par des commentaires adaptés qui sont inscrits dans des bulles. Ils font parler différentes peluches accrochées au-dessus des œuvres d’art. Contrairement aux galeries françaises très souvent réservées à la « crème » des artistes, cela nous paraît ici très ouvert. Tous les « enfants du pays » paraissent avoir la possibilité d’exposer. Bien que très disparate, cela donne un résultat plutôt agréable.

 

 

Oamaru :

Hugh Robinson, en 1853, achète un terrain où il fait paître moutons et bovins. Il ne reste que 3 ans à Oamaru, mais lance son développement. En effet, sa ferme est rachetée, et les nouveaux propriétaires font construire les premiers bâtiments de la ville : un logement pour les gens de passage, un magasin et un ponton de débarquement. Mais la côte est meurtrière et pour mettre un terme aux naufrages, un brise-lames est construit. Un port y prend naissance.

En 1858, John Turnbull Thompson étudie la ville et baptise les rues. La Poste, premier bâtiment public, est construite en 1864, avec la fameuse pierre d’Oamaru. Elle est composée d’un calcaire de couleur crème, facile à tailler et à sculpter. La ville prend alors un essor inattendu et de nombreux édifices publiques sont construits aux alentours de 1880. Ils sont maintenant considérés comme les bâtiments anciens les mieux conservés du pays et font la richesse de l’héritage historique d’Oamaru.

On a vraiment l’impression d’être dans un autre temps lorsque l’on se promène dans le quartier historique de la ville.  Nous apprécions de retrouver de « vieilles pierres qui parlent » dans ce pays à l’histoire si récente.


La faune :

 

Les côtes proches de la ville abritent des manchots.

Même si la traduction en anglais est « penguins », il ne faut pas confondre ces deux espèces d’oiseaux que sont le pingouin et le manchot. En effet, par abus de langage, et aussi parce que l’espèce disparue qu’était le grand pingouin ressemblait aux manchots et ne volait d’ailleurs pas plus qu’eux, les deux sont souvent confondus.

Le seul représentant encore vivant de l’espèce des pingouins, est le petit Pingouin, qui vit dans l’hémisphère nord (du pôle nord à la Bretagne). Cet oiseau a la capacité de voler, son poids ne dépasse pas un kilo, et sa taille 40cms. (Pour en savoir plus cliquez ici)

Nous allons quant à nous à la rencontre des manchots antipodes et des manchots pygmées.

Les manchots antipodes :

En anglais : « yellow-eyed penguins » qui signifie : manchots à œil jaune

En maori : « Hoiho »  qui veut dire bruyant

Les manchots antipodes pèsent entre 5 et 8 kgs pour une taille de 63 à 69 cms et ont une envergure qui peut atteindre 72 cms. Ils peuvent vivre de 18 à 20ans.

Les adultes ont un plumage blanc sur le ventre, bleu salé sur le dos et autour de l’arrière de la tête.  Ils présentent une bande jaune vif qui passe sous la ligne des yeux.

Les petits perdent leur duvet à 3 mois, puis ils prennent le plumage de l’adulte, exception faite de la bande jaune qui n’apparaît qu’à l’âge d’un an.

Le manchot antipode est un des plus rares au monde. Il vit et se reproduit uniquement sur les côtes sud de la Nouvelle-Zélande. A l’heure actuelle, il est classé comme espèce menacée en raison notamment de la disparition de son lieu de nidification traditionnelle : les forêts de bord de mer. En attendant les résultats des efforts entrepris par le DOC (le département de conservation), ils sont confinés sur une végétation limitée.

Les manchots antipodes reviennent de leur pêche quotidienne environ 2h avant la nuit, et c’est à l’occasion de leur retour sur la terre ferme, qu’il nous est possible de les observer. Un abri est construit pour rester discret afin de les laisser remonter vers leur nid sans se sentir en danger.

En pratique, la masse touristique n’est pas si respectueuse de la nature, et nous avons surtout vu beaucoup de monde agglutiné aux barrières de sécurité qui balisent le site.

Mais le spectacle des quelques petits pêcheurs sortant des flots, et faisant leurs premiers pas maladroits sur le sable, nous fait bien vite oublier  la foule humaine.

Les manchots pygmées :

En néo-zélandais « little blue penguins » : petits manchots bleu. Ce surnom leur est aussi donné en français en raison de leur plumage.

En effet, celui-ci comporte du bleu indigo-argenté au niveau de la tête, du dos de la queue et des ailes. Son ventre est blanc et ses yeux gris foncé ou légèrement bleuté.

C’est le plus petit manchot du monde avec seulement 25 à 30 cms de haut et 1kg. Il vit essentiellement en Nouvelle-Zélande, dans les îles Chatham et en Australie.

Les manchots pygmées peuvent nager jusqu’à 75 kms par jour pour s’alimenter en petits poissons, calamars et krills. Chaque soir, ils se regroupent pour sortir de l’eau, puis se dispersent à nouveau pour rejoindre leur nid. Ils quittent de nouveau la terre ferme avant le lever du soleil.

La ville d’Oamaru propose de visiter l’habitat terrestre de ces manchots antipodes. Pour cela, il faut payer une entrée à l’observatoire construit en bord de mer, qui cherche à faire de la prévention en informant les visiteurs. Les brochures justifient le prix d’entrée par l’utilisation des bénéfices pour la préservation de l’espèce… Ayant déjà eu l’impression d’avoir fait les « moutons touristiques » aux abords de la colonie de manchots antipodes, nous décidons de ne pas aller à cet observatoire, et attendons à proximité, espérant apercevoir quelques manchots pygmées remontant vers la colline.

Ludo est triste de ne pouvoir les prendre en photo pour vous faire partager cette rencontre. Mais ils ne viennent dans les hauteurs que la nuit car ils craignent la lumière. Donc, hors de question de mettre le flash.

L’alerte est donnée :

Nous commençons par voir des gens courir sur le parking, puis, 1, 2, 5, … manchots pygmées tentent comme ils peuvent de se frayer un passage pour retrouver leur nid. Le flot de touristes, à peine sorti de l’observatoire payant censé faire de la prévention, sur lequel figure une grosse pancarte «  animaux nocturnes, pas de flash »,  vient s’agglutiner autour des petites bestioles qui traversent la route. Les flashes pleuvent, et les pauvres manchots, courbés, foulant le bitume, font peine à voir…

Le lendemain, nous disons au revoir à Oamaru, mais avant de la quitter, nous allons nous promener sur la jetée de bois, à la rencontre des vagues.

Nous faisons également un saut à la « Cheese Factory » de la ville. Elle fait la promotion de fromages biologiques. Les troupeaux, dont est issu le lait, sont élevés dans de larges pâturages fertilisés à l’aide de techniques naturelles. Les animaux bénéficient d’une alimentation non chimique dans un environnement sans stress, ce qui favorise la production de lait de qualité et donc de fromages goûteux. Nous avons pu observer quelques processus de fabrication, mais n’avons pas pu déguster…

Pour en savoir plus cliquez ici : Whitestonecheese

 


Moeraki :

 

En ce vendredi 16 janvier, nous voulons gagner la plage où se situent les Moeraki boulders, au coucher du soleil. En attendant, nous nous arrêtons en bord de mer, à proximité de Moeraki, pour travailler.

 


Le temps est très chaud, toutes fenêtres ouvertes, nous œuvrons devant un panorama plutôt sympathique. L’océan, face à nous, paraît se déchainer de  plus en plus au fur et à mesure que monte la marée. Puis le vent se lève brusquement et une demi-heure plus tard, nous sommes gelés et calfeutrés toutes portes fermées. Quand on vous dit que le temps change vite en Nouvelle-Zélande….

Puis, nous réalisons en feuilletant un guide, que pour admirer les boulders, il est préférable que la marée soit basse. Nous renonçons donc à la séance photos qui nous attendait le soir et nous installons au camping de Moeraki.

Le lendemain matin, nous flânons sur la jetée du village, en attendant la marée basse. S’y trouve un restaurant original et sans prétention, établi dans un ancien hangar à poissons. On y sert des spécialités de la mer fraîchement pêchées par « La fleur ».

Les propriétaires du « Fleur’s place » ont écrit un livre de recettes qu’ils vendent à l’entrée de l’établissement.
On peut y prendre un verre ou déguster les spécialités maison, dans tous les recoins de la propriété. L’intérieur offre un décor convivial et chaleureux. L’extérieur laisse le choix entre différentes tables en bois parsemées dans le jardin, permettant de suivre les allées et venues des cormorans.

Nous pouvons voir le poisson pêché par « La fleur » séché dans une sorte de garde-manger muni d’une moustiquaire et d’un ventilateur. Tout cela nous met l’eau à la bouche…Mais il est l’heure de prendre la direction des Moeraki boulders.

 

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Come back à la Food Farm

// 18 février 2009 // 12 Commentaires » // Nouvelle-Zélande, Wwoofing

Nous arrivons le Vendredi 5 décembre à la Food Farm. Tout a terriblement poussé, les légumes, les mauvaises herbes, les oisons maintenant énormes, et même les enfants. Nous assistons à la fête de l’école des filles et le soir, nous préparons les décorations pour l’anniversaire de Ruby qui aura 5 ans le lendemain.


Dans les fraises :

Le thème de la fête d’anniversaire de Ruby est les fraises.

Il s’agit pour les petits invités de cueillir et manger les fraises du potager, de chercher des muffins aux fraises (cachés dans le jardin), et de finir par un gros gâteau au chocolat en forme de fraise, avec un glaçage représentant la dite fraise, tout ceci fait avec passion par le papa.

Une petite semaine de wwoofing :

Les jours suivants, nous reprenons avec plaisir le travail à la ferme. Le soleil nous accompagne et nous retrouvons nos petites habitudes et les bons repas de nos hôtes.


Gardiens de la Food Farm :

La famille s’envole ensuite pour l’Australie afin de fêter Noël avec la famille de Nick. Nous sommes chargés de garder la maison pendant 2 semaines et surtout de prendre soin des animaux. Nous devons aussi assurer l’arrosage du jardin. Nos hôtes laissent gracieusement à notre disposition leur connexion internet ce qui nous permet de faire un bon pas en avant sur WakaTrip. C’est l’occasion pour nous de relâcher un peu les prises de notes dans notre journal de bord, et de laisser l’appareil photo se reposer un peu (contrairement aux ordis)

Les faits marquants :

Notre plus grande difficulté sera de tenir les oies hors du potager. Mais ce fut peine perdue, dès que nous avions le dos tourné, elles s’en donnaient à cœur joie.

La naissance de canetons : nous attendions avec impatience l’éclosion. Un matin, nous voyons un petit bec sortir d’une coquille. Les naissances des quatre premiers  s’enchaînent ensuite dans la matinée. Mais en début d’après-midi, le temps très chaud et sec ralentit la suite de l’éclosion, et les suivants ont du mal à casser leur coquille trop dure. Marie joue les secouristes et aide avec précaution les deux derniers.

Le retour de nos hôtes :

Lorsque nos hôtes reviennent, nous sommes honteux de l’état du jardin. Entre les dégâts des oies, et les alternances pluie/soleil qui ont fait pousser les mauvaises herbes comme des champignons, ils doivent trouver du changement. Mais ils paraissent heureux de l’arrosage, et de la façon dont on a pris soin des animaux. Nous prolongeons ensuite d’une semaine notre présence ici, et reprenons le wwoofing pour remettre le jardin en état.


Mini tornade :

Le 3 janvier, nos hôtes sont partis en ville ; il fait chaud et lourd lorsqu’un orage éclate, accompagné d’une bonne tempête et de grêlons de taille impressionnante.

Nous nous éloignons des vitres, inquiets non seulement pour le jardin, mais surtout pour les animaux à l’extérieur. Au final, pas de bobos, mais en revanche des trous énormes sur les feuilles du potager : rhubarbe, citrouille, … Nous voyons ensuite aux infos, que c’est une mini-tornade qui s’est abattue sur le Canterbury, couvrant de boulets blancs cette région.

Repas Néo-Zélandais :

Le lendemain, Nick et Angela ont décidé de nous offrir un repas spécial néo-zélandais avant notre départ. Ils se donnent un mal fou pour cuisiner malgré leur petit Flynn malade, qu’ils ont bien du mal à apaiser.

Entrée : Civelle en beignets, et ses toasts beurrés

Marie ne regarde pas ce qu’elle mange, ce qui lui permet d’apprécier le plat à sa juste valeur. En effet, les petits poissons sont cuits entiers, alignés et frits dans le beignet. La vision de tous ces petits yeux lui aurait fait un drôle d’effet. Mais en tout objectivité : c’est très, très bon !

Plat : Brochette de «  Red cod » (morue rouge), son risotto et ses haricots croquants. Délicieux et joliment présenté par Nick. «  à la française » dit-il pour nous flatter…

Dessert : Tarte au citron meringuée présentée avec de l’eau de vie de citron (Limon cello), faite par Nick  et quelques feuilles de l’arbuste aromatique le plus précieux aux yeux d’Angela : le « lemon verbana » qui nous servira également d’infusion.

Miam (ou Yummy) !!!

On se croirait à la table d’un restaurant renommé, avec l’ambiance chaleureuse en plus. Ils font tout pour que l’on passe un très bon moment. La convivialité est de mise. Nous parlons du wwoofing, de leur conception de la ferme biologique, et leur avouons qu’ils ont réactivé et amplifié notre désir de nous mettre au vert lors de notre retour en France. Nous les remercions chaleureusement de nous avoir donné une vision neuve de l’agriculture biologique.


Une surprise Made in France :

Le lendemain matin, jour de notre départ, une très bonne surprise nous attend. Un colis en provenance de la Somme arrive « pile poil » à temps. Nous partageons le foie gras pour le repas du midi…nos hôtes s’amusent de manger ce mets pour le « lunch » Ils n’en avaient jamais mangé. Les filles sont ravies de leurs paquets de chocolats, et nous laissons quelques Léonidas dans le frigo pour les plus grands.


Nous prenons ensuite la direction de Christchurch avec la ferme intention de rattraper définitivement notre retard sur Wakatrip. En ville, nous augmentons nos chances d’avoir une bonne connexion internet, ce qui nous facilitera considérablement la tâche. Le reste du mois de janvier s’écoulera au rythme du travail sur le blog et de quelques visites pour décompresser. Nous allons ainsi de camping en camping tout en descendant vers le sud de l’île du Sud…


Hanmer Springs

// 17 février 2009 // 13 Commentaires » // Nouvelle-Zélande

Mercredi 3 et Jeudi 4 Décembre 08

En chemin, nous profitons de beaux paysages montagneux : cascades, plissements rocheux, rivière d’un bleu limpide… Arrivés à Hanmer Springs après trois heures de route, nous essayons sans succès de trouver un lieu dégagé pour assister au coucher de soleil. Nous apprécions néanmoins le beau spectacle que nous offre le ciel au dessus de nos têtes.

Nous trouvons ensuite un camping où le patron essaie d’emblée de nous entourlouper. Il « se trompe » en nous rendant la monnaie. Puis, nous nous faisons expulser de la cuisine au couvre feu de 22h. Enfin, Ludo se fait repousser, par la patronne , comme un moustique (ou un microbe). En effet, en train de se brosser les dents, il reçoit une giclée de spray nettoyant, que nous pourrions traduire par « J’en ai marre de travailler tard pour vous »…Quel accueil !  Heureusement, nous faisons d’autres rencontres sympathiques parmi les clients et passons un agréable moment.

Journée détente aux thermes

Les thermes sont l’attraction phare de la ville (lien du site web d’Hanmer Springs). Des sources furent découvertes en 1859 dans ce petit village du Canterbury. Elles ne furent exploitées qu’à partir de 1883. Pas moins de 18 bassins à des températures variant de 28°C à 42°C nous attendent pour cette journée zen. Même si les guides disent tous que le meilleur temps pour en profiter est lorsqu’il neige, le soleil atténué par un vent frais nous comblent complètement.

Nous réussissons enfin à nous déconnecter de ces derniers jours un peu tendu. Après notre expérience de wwoofing « hors du commun », le froid et l’intime cohabitation avec les Sandfly, cette journée cocooning suivie d’une nuit de sommeil paisible nous fait le plus grand bien. Nous prenons ensuite la direction d’Amberley pour notre Come Back à la Food Farm.


Nelson et les Nelson’s Lakes

// 16 février 2009 // 15 Commentaires » // Nouvelle-Zélande

Lundi 1er décembre 08

Après avoir quitté le camping de Collingwood, nous prenons la direction de Nelson. Nous y arrivons en fin de journée et trouvons un endroit où dormir à une dizaine de kilomètres de la ville, près d’une rivière. L’endroit est charmant, mais les Sandfly nombreuses….

Nelson, la ville

Le lendemain, la visite de Nelson ne nous inspire pas plus que ça. Nous poussons la porte de l’église, impressionnante de nouveautés, tout paraît avoir été construit la veille.

Nous nous promenons ensuite dans le centre de la ville, le long d’un cours d’eau puis dans un parc agréable. En fin de journée, nous reprenons la route vers le parc national de Nelson’s Lakes. Nous nous y installons pour dormir, à nouveau en cohabitation avec les Sandfly.

Nelson’s Lakes National Park

Ce parc comprend deux grands lacs d’origine glaciaire au pied des Alpes du nord néo-zélandaises. En plus de la beauté et de la grandeur du paysage (même quand il fait un temps de chien), cet espace est traversé par la faille séparant la plaque tectonique australienne de la plaque pacifique, ce qui explique la hauteur des reliefs et offre des paysages somptueux.

Mercredi, nous nous réveillons sous une météo pas clémente du tout. Lorsque nous arrivons à proximité du plus grand lac, c’est pire, tant au niveau de la démographie des sandfly, qu’au niveau de la pluie qui s’abat sur le pare-brise de la wakamobile.

Nous prenons de l’altitude en empruntant une route caillouteuse qui nous offre un panorama sur le lac, mais nous sommes congelés. Puis au bord de l’eau, nous restons coincés à l’intérieur en raison du déluge. Malheureusement, nous ne sommes pas seuls. Un bon nombre de sandfly ont élu domicile dans le van… la bataille est rude.

Vu les conditions, nous abandonnons l’idée de faire des excursions ici, et quittons la région, espérant retrouver le soleil en prenant la direction d’Hanmer Springs. De plus, cela nous rapproche de la Food farm où nous sommes attendus dans 2 jours. Autant profiter du beau temps ailleurs.

Nous nous souvenons que Nick nous avait conseillé le trajet par les montagnes et choisissons donc le chemin le plus sinueux. De plus, cela nous paraît plus direct (sur la carte) que la grande route, et sûrement plus joli…

Seulement, petites routes, petits chemins, nous voilà traversant des cours d’eau de plus en plus larges, de plus en plus profonds avec notre wakamobile, toujours prête à rendre service, le tout au milieu d’une zone militaire…Le doute s’installe, on ne croise pas grand monde… Et au bout d’un certain nombre, ou plutôt un nombre certain de kilomètres, nous devons rebrousser chemin face à un cours d’eau cette fois infranchissable, à part à la nage…et encore…

Nick voulait certainement nous dire de passer par les montagnes en opposition avec la route qui longe la côte par Kaikoura, que nous avions emprunté pour aller dans la région de Marlborough…nous arrivons trois heures plus tard à Hanmer Springs : et il fait beau !!!



Golden Bay

// 15 février 2009 // 12 Commentaires » // Nouvelle-Zélande

Samedi 29 Novembre 08

Après s’être ravitaillés en essence, nous faisons un petit détour par l’étang de Takaka, très sympa en ce début de matinée. Un petit saut au marché local et nous voici sur la route en direction du Cap Farewell, à proximité de la Golden Bay. L’origine du nom de cette baie prend naissance à l’époque de la ruée vers l’or.

Le Cap Farewell

Nous suivons une piste caillouteuse qui nous mène jusqu’au bord d’une falaise surplombant magnifiquement l’océan.  En contrebas, quelques otaries s’ébattent dans l’eau avec grâce. Nous sommes alors au point le plus au Nord de l’île du Sud : Le Cap Farewell. Farewell signifie adieu, et ce cap fut baptisé ainsi par le Capitaine Cook alors qu’il quittait la Nouvelle-Zélande en 1770.

La plage de Wharariki :

Puis, nous continuons la piste pierreuse vers le départ d’une petite marche de 20 min par laquelle nous accédons à des dunes battues par le vent qui conduisent à la plage de Wharariki. Nous sommes très impressionnés par la force du vent qui modèle en permanence la dune. Nous mangeons beaucoup de sable et le matériel photo aussi. Imaginez le temps que Ludo passera ensuite à nettoyer ses objectifs, son trépied tombé dans le sable par la force d’une bourrasque, et le temps qu’il passera enfin à effacer chaque grain de sable sur les photos…

Mais le jeu en vaut la chandelle. Une immense plage de sable s’offre  à nous, ornée de rochers de taille impressionnante. L’action combinée du vent et des vagues a produit une étonnante configuration rocheuse : falaises incurvées, haute arche, grottes, ponts rocheux, le tout face à d’immenses dunes qui longent la plage. Lorsque nous rentrons au parking, nous sommes épuisés et étourdis par notre lutte incessante contre le vent, mais repartons avec de belles images plein les yeux mais aussi dans l’appareil photo.

Farewell Spit :

Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons à Pupanga, pour une marche le long de la langue de sable appelée Farewell Spit. Située à la pointe Nord de l’île du sud, c’est une langue de sable s’étalant sur 35kms dans la prolongation du Cap du même nom.

Le banc est formé entièrement de sable provenant de l’érosion du granit, du schiste et autres roches de la côte ouest. Transporté ici par les courants côtiers, il remplit graduellement la Golden Bay à partir du nord. Large de 800 mètres, il est construit de dunes enchevêtrées.

Le « spit » s’étend vers l’est en une gigantesque courbe sableuse qui ferme progressivement la Golden Bay. La très faible profondeur de celle-ci attire de nombreux oiseaux qui trouvent ici un garde-manger de choix. C’est d’ailleurs un des lieux de Nouvelle-Zélande où l’on peut voir le plus d’oiseaux migrateurs, jusqu’à 100 espèces ont pu être recensées. Des parcours en 4×4 sont d’ailleurs proposés pour aller à leur rencontre au bout de la langue de sable. Pour en savoir plus : Farewellspit.com

En revanche, la configuration inhabituelle de la côte et sa faible profondeur réussissent beaucoup moins aux gros cétacés. En effet, leur système de navigation se trouve mis à mal et des baleines viennent régulièrement s’échouer sur les côtes.

Après cette deuxième balade, nous prenons la route vers un repos bien mérité et nous nous arrêtons dans un petit camping de Collingwood qui ne paie pas de mine. Nous sommes agréablement surpris par l’ambiance. Il est essentiellement fréquenté par des habitués venant pêcher le week-end.

Au camping :

Leur accueil est chaleureux. Ils nous font goûter aux fruits (de mer) de leur récolte : des moules bleues comme chez nous (excellentes !), des coques que nous découvrons et adorons (il aura fallu faire tout ce chemin pour goûter ces délices qu’on trouve aussi dans la baie de Somme !), des pipis(pepes ?) coquillages très réputés aussi  et appréciés des locaux. Ils les distinguent des coques par leur taille plus petite, leur goût plus fin, et leur coquille plus lisse. Ludo en goûte un(e), mais n’est pas du tout emballé. Peut-être est-il tombé sur le(la) mauvais(e) ? Expérience à renouveler…

Pillar Point :

Le lendemain, nous prenons à nouveau la piste pétrée du Cap Farewell, dans l’idée de faire une petite rando qui nous mène jusqu’au premier phare construit en Nouvelle-Zélande, afin de remédier aux trop nombreux naufrages de la Golden Bay. Le phare en lui-même, on a oublié, mais la vue !!!

Le départ de rando se situe au niveau de l’Old man rock, (tête de vieux monsieur dans la roche), 30 minutes de montée pour une vue récompensée au quintuple. Nous avons devant les yeux un panorama à 360° qui couvre tout ce qu’on a pu visiter depuis deux jours. De Farewell Spit que l’on trouve magnifique d’ici, jusque la dune de Wharariki au loin… Fabuleux!

Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons pour flâner sur la plage à l’entrée du village de Collingwood, qui faillit être, pour la petite histoire, la capitale de la Nouvelle-Zélande. Mais très vite, l’épuisement des ressources aurifères et son isolement jouent contre elle.

Sur cette plage, Ludo s’extasie devant de vieilles souches d’arbres, puis davantage encore lorsque le nuage qui nous accompagnait au sommet de la rando, se fissure au-dessus de nos têtes. Il est maintenant scindé en deux au-dessus de cette plage.

Les artistes de la Golden Bay :

Il ya pléthore de galeries d’art en Nouvelle-Zélande et, particulièrement dans la Golden Bay. Cette région regroupe un bon nombre d’artistes et de communautés à la recherche d’alternatives à la société de consommation moderne. Cette région un peu retirée, à laquelle nous accédons seulement par une route sinueuse depuis peu (avant, elle était uniquement accessible par la mer) attire une catégorie de gens un peu hippies ou voulant se mettre au vert. J’ai d’ailleurs failli perdre mon photographe en chemin. Comme le dit Angela, il correspond bien au profil pour s’intégrer à ce genre de communauté avec sa « rat tail » queue de rat…

Voici la galerie que l’on a visitée lors de notre passage à Takaka : www.nganart.co.nz


Aux portes d’Abel Tasman National Park

// 14 février 2009 // 13 Commentaires » // Nouvelle-Zélande

Le 27 Nov 08

Contre coup de notre mésaventure des derniers jours peut-être, le constat au réveil ce matin n’est pas brillant. Marie est fiévreuse, nauséeuse et complètement HS, et Ludo n’est pas au top non plus. Nous nous installons donc dans un camping de Marahau, et somnolons toute la journée.

Marahau :

Marahau se situe aux portes du parc national d’Abel Tasman, situé à la pointe Nord de l’île du Sud. De ce que nous avons pu en voir, il ne semble pas y avoir d’intérêt à séjourner dans ce village bien longtemps. Nous n’y voyons que la danse des tracteurs de mise à l’eau des kayaks partant à la découverte des eaux turquoise bordant le parc national.

L’Abel Tasman National Park, bien que le plus petit parc national du pays, est très populaire, notamment pour ses sorties en kayak et son sentier côtier de 52kms.  Il rencontre un franc succès pendant la période des vacances d’été des Kiwis.

Abel Tasman, un navigateur néerlandais, fut le premier européen à voir la Nouvelle-Zélande en 1642. Il participa à la cartographie de parties conséquentes de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et d’autres îles du pacifique. Il a aussi prêté son nom à la Tasmanie et à la mer Tasman, par lesquelles il passa, avant de découvrir la Nouvelle-Zélande.

Action Réaction

En fin de journée, au prix d’un effort surhumain nous nous décidons à nous dégourdir les jambes en direction de Split Apple Rock. Par un sentier au cœur d’une végétation abondante, nous accédons à une charmante crique où nous découvrons une étrange et énorme boule rocheuse de la forme d’une pomme coupée en deux. Celle-ci s’érige au dessus des flots. A marée basse, il est possible de l’escalader et de s’asseoir entre les deux moitiés de « la pomme ». On ne regrette pas d’avoir fait l’effort de se déplacer malgré notre état second.

Cette balade nous a fait le plus grand bien et le lendemain, après une bonne nuit de sommeil, nous décidons de prendre la route vers Takaka, au Nord-ouest de la Golden Bay.

En route vers Takaka :

Sur le chemin, nous pouvons apprécier les points de vue qu’offre Takaka Hill sur Marahau et sur Nelson. Nous arrivons à Takaka pour la pause déjeuner avant de partir visiter les alentours. Takaka est la commune principale de la Golden bay. Comme l’ensemble de la baie, cette ville a connu une croissance décuplée pendant la ruée vers l’or du milieu des années 1850. Après la débâcle de 1859, les quelques pionniers restés sur place se sont reconvertis dans des entreprises plus pérennes (bois, charbon, marbre).

Waikopupu Springs :

C’est la plus grosse source de Nouvelle-Zélande. L’eau vient d’un réseau souterrain relié à celui de Takaka Hill. Ces sources sont réputées pour leur clarté et pour leur débit important . En effet, d’une limpidité exceptionnelle, la visibilité à l’horizontale détient un record du monde pour de l’eau fraîche avec 63 mètres. Quant au volume d’eau produit, il est estimé à 14 000 litres par seconde, soit suffisamment pour alimenter une ville de la taille de Boston, c’est ce qu’affirme un documentaire datant de 1974.

Ces sources sont aussi un trésor et une place sacrée pour les Maoris. C’est pour eux la forme la plus pure de l’eau : source spirituelle et physique de la vie.

Les Waikopupu Springs leur fournissent une eau qui guérit. C’e fut le siège de cérémonies marquant les grands moments de la vie : la naissance, la mort et les allers et retours des voyageurs.

Nous admirons les remarquables trous d’eau bleu turquoise de plusieurs mètres de profondeur d’où émanent les différentes sources. La végétation aquatique y est elle aussi fabuleuse. Nous pouvons d’ailleurs atteindre un gros périscope à l’issue d’une marche facile dans une superbe forêt native, nous permettant d’admirer la flore immergée.

La côte :

Nous pensions juste nous promener sur la plage la plus proche : Pohara beach, mais après cette balade agréable, nous ne résistons pas à pousser un peu plus loin, vers le cap ouest de la Wainui bay. Nous planifions alors d’y passer la nuit, mais le manque d’essence nous force à rebrousser chemin en direction de Takaka.

Sur les différentes plages que nous longeons au retour, nous observons les pêcheurs de moules, dont la récolte paraît bien lourde.

Nous arrivons à Takaka sans encombres après un passage obligé à Motupipi (uhuhuh), mais c’est vrai ! Et n’avons plus qu’à dormir sur le parking de l’office du tourisme en attendant l’ouverture de la pompe à essence le lendemain matin.


La Photo du jour : Bonne Saint Valentin

// 14 février 2009 // 4 Commentaires » // La Photo du jour

La nature ouvre son coeur à tous les amoureux, Marlborough Sounds

La nature ouvre son coeur à tous les amoureux, Marlborough Sounds

( Cliquez sur la photographie pour l’agrandir )

Wwoofing, 48h chrono

// 13 février 2009 // 13 Commentaires » // Nouvelle-Zélande, Wwoofing

Non loin du Parc national Abel Tasman, à proximité de Motueka, nous attend une nouvelle expérience de wwoofing, et quelle expérience !!! Préparez vous à un roman dont malheureusement rien n’est romancé…

Avertissement :

Nous avons longuement hésité avant de vous faire part de cette expérience, mais nous trouvions dommage d’occulter  un aspect négatif de notre périple. De plus, nous espérons ainsi avertir quelques wwoofers au sujet du lieu où nous avons passé ces deux jours… un peu particuliers. Nous allons donc vous relater les faits qui se sont succédés pendant notre court séjour chez Susie et Kevin, en toute subjectivité… parce qu’on doit bien le dire, on  a eu  du mal à les suivre.

Premier contact

Par mail, cette nouvelle expérience de wwoofing s’annonce plutôt intéressante et riche d’apprentissages au sujet de l’autosuffisance, des variétés natives de Nouvelle-Zélande, et des techniques biologiques employées. Le travail qui nous attend semble enthousiasmant et Marie est très attirée par les chèvres et impatiente d’apprendre à faire du fromage.

En pratique, ça se complique…

Lorsque nous arrivons chez nos nouveaux « hôtes », trop occupé pour nous souhaiter la bienvenue dit-il, Kevin nous envoie dans le potager afin de rencontrer Susie. Dans le potager, l’accueil n’est pas beaucoup plus chaleureux, la maîtresse de maison, nous salue vaguement et nous redescendons boire un thé, en compagnie de deux wwoofers canadiens, Sally et Adam, ici depuis quelques jours.

Retour dans la maison donc, où nos futures serviettes de toilette sèchent au milieu d’une bonne odeur de lait de chèvre caillé… hum ! On réalise très vite que l’hygiène n’est pas vraiment au rendez-vous ici. Tout est partagé avec les animaux, leur alimentation traîne dans l’entrée, et le ménage ne doit pas être fait souvent. Nous prenons sur nous… surtout Marie, en se disant que ce que nous allons faire et apprendre ici en vaut sûrement la chandelle…

Nous assistons à la traite des chèvres avec Monsieur. Marie demande s’ils ont un bouc et s’entend répondre positivement, et qu‘il lui sera présenté, qu’il devrait beaucoup lui plaire… Ok, nous ne savons pas trop ce que l’on doit y comprendre.

Nous faisons également la connaissance d’une petite chèvre toute mignonne que nous nourrissons au biberon. Elle fait des cabrioles sur la terrasse en bois et nous sort 5 min de cette ambiance assez étouffante.

Nous sommes très vite testés et « attaqués » au sujet de notre nationalité, nos capacités ou notre jeunesse. Nous pouvons comprendre que Susie veuille nous mettre à l’épreuve ou qu’elle ait une manière particulière de faire connaissance, et sommes assez tolérants et ouverts pour le prendre au second degré. Nous pensions dans un  premier temps que c’était un jeu et une sorte d’intimidation mais ce qui va suivre prend un tournant qui nous amuse un peu moins.

Ambiance pesante :

Le soir à table, nous n’arrivons pas à savoir combien d’heures nous devons travailler par jour et sentons que c’est un sujet tabou. Nous montons ensuite rapidement nous coucher pour échapper à la chape de plomb qui règne dans la maison. Nous dormons sur un matelas, on ne peut plus poussiéreux, à même le sol. Malgré les deux draps dont nous l’avons enveloppé, ça gratte !

Là encore, si nos hôtes nous avaient fait bonne impression, on l’aurait beaucoup mieux vécu, mais vu la situation, nous avons bien du mal à trouver le sommeil.

Le lendemain matin, le temps est loin d’être au beau fixe, il pleut des cordes et la chambre est très humide. Ludo se lève avec des plaques sur tout le visage. Avec cette allergie en plus, la journée commence sous les meilleurs auspices….

Nous ne savons que faire et nous ne nous disons rien. Susie finit par nous inviter à discuter avec nos collègues anglophones devant une tasse de thé, puis part en T-shirt sous les trombes d’eau. Après avoir échangé nos bons plans wwoofing, sans oser orienter la conversation sur le lieu où nous sommes, nous partons chacun dans nos chambres, et n’y redescendons que pour quelques actes de présence, attendant que la matinée passe… lentement, et que, peut-être, la pluie cesse.

Dans la matinée, nous voyons Susie revenir trempée et plutôt paniquée. Nous entendons parler de « crise cardiaque » et « en bas de la colline » mais sans bien comprendre de quoi il s’agit. Nous en concluons que le voisin a un grave problème de santé, et restons sur cette version des faits, n’osant pas demander de précision de peur d’être indélicats.

L’après-midi, il pleut toujours, et nous nous proposons à faire une tarte. Susie insiste pour que l’on utilise sa recette, nous ne comprenons pas bien sa façon de voir les choses, jusqu’alors, lorsque nous cuisinions pour nos hôtes, c’était une démarche de partage, et de découverte de nos habitudes culinaires respectives. Bref, une tarte aux pommes, des chaussons aux pommes et quelques réflexions plus tard, Marie laisse comme elle l’a proposé, de la pâte brisée à Susie pour la quiche qu’elle veut faire. « J’en ferai d’assez » s’entend-elle répondre … ok

Retranchement dans nos chambres à nouveau. On commence à cogiter, on reste, on part ??? Comment vont-ils le prendre ?!

Mesquineries :

Dans l’après-midi, notre hôte fait entrer la jeune chèvre pour mettre de l’ambiance. La petite, après quelques cabrioles sur les canapés, s’empresse d’y faire un joli pipi, qu’elle finira sous le linge en train de sécher. C’est la première fois que nous voyons rire Susie, autre qu’ironiquement…

Le mot de trop (Marie) :

« Susie engage ensuite la conversation sur les massages. En effet, Sally, la wwoofer canadienne est kinésithérapeute et j’avais vaguement essayé d’expliquer mon travail la veille, après quoi Susie en a visiblement retenu les massages…Bref, elle s’adresse à moi en me demandant ce que je pense de faire ou recevoir,( je n’ai pas compris), des massages.  Ne comprenant pas quel serait mon rôle dans cette affaire, je détourne la conversation en tentant de plaisanter. En effet, je m’adresse à Sally en lui demandant quel est son prix… OUCH!!!

Susie, avec un sourire crispé et mauvais, me répond « Mon prix, c’est la bonne nourriture que vous avez ici, les beaux paysages, la belle chambre… » très agacée qu’elle ose prétendre nous offrir la lune et tout court qu’elle réagisse ainsi, je ne peux m’empêcher d’ajouter sur le même ton qu’elle «  oui, tout comme le magnifique soleil… »

Bref, très embêtée par la tournure des événements, je m’éclipse et remonte raconter ma mésaventure à Ludo. Je culpabilise un peu de cette plaisanterie qui a mal tourné et redescend proposer de l’aide pour la préparation du dîner. Susie m’envoie « bouler » avec une telle violence que je reste figée devant elle, ne sachant que répondre. Elle finit par jeter son couteau et monte dans sa chambre en pleurant. Je ne pensais pas faire un tel effet sur les gens… « 


N’y comprenant plus grand-chose, nous laissons tomber jusqu’au soir où le dîner est tendu. Une discussion, en anglais bien sûr, s’engage sur le pétrole, et l’état du Monde, entre les Canadiens et nos hôtes. Le ton monte très vite, mais nous avons bien du mal à comprendre ce qui se dit. C’est la première fois que nous voyons Kevin s’exprimer et s’énerver. Il est sûr que le monde va imploser et persuadés que plus ils vivront retranchés et auto-suffisants, et plus ils seront en sécurité.  Nous commençons à comprendre les motivations de nos hôtes pour ce choix de vie…

L’atmosphère est d’une lourdeur poussée à son paroxysme. Que ce soit l’humidité ambiante, le temps orageux, la pluie qui n’en finit pas de tomber, la discussion qui tourne au vinaigre, l’odeur de fermentation des fromages de différents âges trônant partout au rez-de-chaussée, ou encore la sidération qui nous gagne face à ce bombardement d’événements fâcheux et incompréhensibles, tout est fait pour brouiller nos esprits. Nous sommes incapables de réagir ou de trouver des issues à cette situation, apparemment banale pour nos hôtes. Sans mot dire, Marie dépose les chaussons aux pommes sur la table et nous attendons tranquillement que l’orage passe pour manger le dessert. A la première bouchée, Sally a le malheur de dire que c’est délicieux. Susie, hors d’elle, « aboie » « Donc ce que j’ai fait MOI, n’était pas bon… » La Canadienne exaspérée quitte la table et se réfugie dans sa chambre, suivie de près par son ami.

Des larmes de crocodile :

Nous avons ensuite le droit à des excuses confondues de Susie qui explique qu’elle a eu une dure journée et qu’elle est désolée de n’avoir pas réussi à maintenir une bonne ambiance aujourd’hui, que tout le monde devient fou ici lorsqu’il pleut comme ça. Elle est encore une fois au bord des larmes mais nous sentons bien que la pluie n’est pas une raison suffisante pour être à ce point méprisante, et ne cherchons pas vraiment à la plaindre…

Pas plus de 5 min plus tard, elle se montre de nouveau agressive au sujet de la durée de nos douches, pourtant très rapides car nous sommes pressés de nous retrancher dans notre chambre pour discuter de la marche à suivre le lendemain.

Nous décidons de partir, après avoir fait quelques heures de travail si le temps le permet, pour «  payer » notre gîte et notre couvert. Nous ne sommes pas wwoofers pour nous faire malmener, et avons envie de prendre contact avec d’autres personnes, qui pourront, nous en sommes sûrs, nous apprendre beaucoup et nous permettre de travailler agréablement.

Le lendemain matin, le temps est plus clément. Mais Marie est sur les nerfs d’emblée face à une Susie qui a décidé d’en faire son esclave de bon matin. Elle dicte en français «  le beurre s’il vous plaît » sur un ton sec et cassant. Puis c’est son pain  qu’elle lui demande de mettre à griller et ensuite d’aller le rechercher. Marie, très remontée, demande à Ludo de répondre à quelques-uns des ordres à sa place ; sous peine d’exploser.

Ames sensibles, s’abstenir :

Avant de s’échapper de cette demeure, nous nous attelons au travail. On se retrouve en bas de la colline à déplacer du bois trempé, sans bien comprendre dans quel but, tout en essayant d’éviter Kévin, qui prend son quad pour une voiture de course, sans seulement sembler nous remarquer. Nous posons quelques questions aux Canadiens, dont c’est la première expérience de wwoofing… :

- Combien d’heures avez-vous travaillé avant qu’on arrive ?

- Journée complète ! A attendre les ordres au fil de la journée, à leur disposition…

- Et qu’est ce qu’on fait avec ce bois humide ? Un bûcher ??? Pour ??? le bouc !!!! « Oh my Godness! »

Aaahh c’était donc lui le mort d’une crise cardiaque. Dommage, Marie n’avait pas imaginé la rencontre promise par Kevin avec la bestiole de cette façon… Heureuse de le rencontrer…? pas vraiment…

Trêve de plaisanterie, après avoir empilé tout ce bois mouillé en se demandant comment cela va bien pouvoir prendre feu, il nous faut attacher la pauvre bête morte, par les pattes arrière. Kevin le soulève avec l’avant de son mini-tracteur, sans considération aucune pour la tête « ballotant » lamentablement. Les premières fumées s’échappent du bûcher et enveloppent peu à peu la bête après la rencontre de l’allumette avec la tonne d’alcool déversée par Kévin. La tête vide d’expression au milieu du nuage de fumée… le tableau est assez pathétique. C’est le seul lieu de la propriété bien à la vue des voisins, un hasard ?

Nous rentrons faire nos sacs en douce, les Canadiens qui sont bloqués ici sans véhicule ont décidé de se joindre à nous, mais nous n’arrivons pas à nous retrouver pour partir. Nos hôtes nous donnent des tâches séparées depuis le bûcher…

Visiblement Susie a envie de nous en faire baver. Nous devons nettoyer l’enclos et la cabane de la bête morte… Imaginez, il est resté 24h dans l’humidité et dans un espace clos, sans parler de toute sa vie passée sans être nettoyé (vu l’épaisseur d’excrément qui orne l’enclos comme la cabane). L’odeur du bouc c’est une chose, mais cette odeur de méthane… pouah !

Ludo le courageux affronte l’intérieur de la cabane. C’est très, très limite niveau santé.

Puis, nos amis d’infortune reviennent et nous attendons jusqu’à 13h30. Nos hôtes sont introuvables et nous ne voulons pas partir en traîtres. Personne ne vient pour le repas que nous finissons par préparer.  Toujours personne. On mange sans eux et ils finissent par réapparaître à la fin du repas.  Nous annonçons notre départ. Kévin silencieux, Susie hors d’elle, déjà en colère car nous n’avions visiblement pas le droit d’utiliser les légumes de son jardin pour le repas du midi, va jeter, de rage, le contenu de son assiette. Elle explose ensuite en ordres et en reproches. Morceau choisi : « Vous avez sali ma cuisine »,  « prenez tous vos déchets avec vous et n’oubliez rien ! »

Plusieurs fois, elle s’approche de Marie pour lui lancer des remarques à la figure, et cette dernière sent que la gifle n’est pas loin. Nous avons très peur qu’elle ne crève les pneus de notre van ou ne casse du matériel photo. Nous nous excusons auprès de Kévin qui nous dit comprendre, que l’on a une vie, et qu’on a besoin d’y retourner. Il paraît désolé.

L’évasion :

Nous cachons sous une couverture les Canadiens puisque notre van ne contient que deux places assises et partons.
Madame, dans un moment de grâce suprême, nous double en trombe dans un virage à la sortie de leur hameau, en nous adressant un dernier signe d’adieu des plus distingués : un bon doigt d’honneur bien appuyé.

Nous ne sommes pas très rassurés et avons peur qu’elle ne prévienne la police au sujet de nos deux clandestins planqués à l’arrière.

Une fois à Motueka, nous prenons un camping tous les quatre et sommes heureux de retrouver la civilisation, la liberté de vivre et de penser. Nous passons la soirée à décompresser, telle une cellule de crise. Nous avons l’impression d’être des échappés d’une secte, alors que nous ne sommes restés que 48h.

Pendant quelques temps, nous verrons des Susie partout et accuserons le coup : fatiguée, Marie tombe malade (il faut savoir qu’on a bu de l’eau non-potable et ne l’avons appris qu’avant de partir).

Le lendemain, dans la continuité, en visitant Motueka, son petit port et son centre ville, vous pourrez admirer dans la galerie photo d’aujourd’hui, le joli spectacle qui s’offre à nous sur le parking d’un fast-food.

Conclusion :

Face à cette situation, nous aurions dû réagir plus vite et quitter les lieux. Nous avons fait l’erreur de rester par culpabilité, ne voulant pas renvoyer nos impressions très négatives à nos hôtes. Nous sommes volontaires et nous aurions dû fuir d’emblée face à cette situation pesante. Avec le recul, nous réalisons que ces gens se saisissent du concept d’autosuffisance en réponse à leur incapacité à avoir des relations sociales saines. Ils font preuve d’un pessimisme hors du commun face au Monde, et même si nous pouvons leur accorder que notre planète a déjà été en meilleure forme, nous ne pouvons concevoir leur vision des choses, ici, en Nouvelle-Zélande. En effet, dans ce pays plutôt préservé, nous avons du mal à voir la fin du monde proche, vision qu’ils cherchaient à nous imposer avec force !

Susie ne supporte pas ses pairs et ne fait confiance à personne. Les seuls liens avec le monde extérieur sont leurs plus proches voisins et les wwoofers qu’ils accueillent. Le paradoxe est d’ailleurs assez troublant. En effet, pourquoi vouloir recevoir des wwoofers s’ils ne sont pas capables d’entretenir des relations saines avec eux ? Notre subjectivité suite à ces deux jours chez eux nous ferait répondre que cela permet à Susie d’exercer sa méchanceté, et à Kevin de ne pas être le seul bouc émissaire (sans mauvais jeu de mots). Mais nous pensons que la maîtresse de maison, espère sincèrement transmettre sa vision du monde et son mode de vie…

Le plus embêtant, c’est que rien dans le texte de présentation de ces hôtes sur le guide de wwoofing, ne laissait présager de cette situation. Aucun recours n’est possible pour prévenir l’ensemble des wwoofers, sinon de demander à ce que ce couple soit radié par le guide lui-même. Heureusement, même si nous sommes tombés très bas en nous rendant chez eux, ce genre de situation est très rare. Il faut juste tenter de se tenir informé.

Bref, en quittant Motueka, nous prenons un nouveau départ. Nous avançons notre come back à la Food farm, ayant ainsi l’assurance d’avoir à nouveau une expérience de wwoofing agréable, après quoi nous garderons la ferme pendant que la famille s’envolera pour l’Australie. Nous avons hâte de les revoir ; travailler avec des gens sains nous fera le plus grand bien.

Mais d’ici là nous avons encore quelques jours pour visiter les environs.