Archives de mars 2009

Baleines, Dauphins et Albatros : les trésors de Kaikoura

// 31 mars 2009 // 10 Commentaires » // Nouvelle-Zélande

Nous voici à Kaikoura, dernière étape de notre grande boucle en camping-car. Le soleil est au rendez-vous, ce que nous apprécions particulièrement pour lutter contre la fatigue accumulée. Mais les rencontres que nous faisons n’ont pas de prix ! Nous prenons un peu de repos en cette matinée du 3 mars, mais trépignons quand même d’impatience à l’idée de rencontrer les baleines l’après-midi.

Le plongeon de la reine, baie de Kaikoura

Le moment tant attendu

Nous voici sur le chemin de l’établissement qui organise les sorties en mer. Après avoir profité du spa, Ludo réalise, seulement après le repas, qu’il va lui falloir faire de la place sur ses cartes mémoires… Le temps de résoudre le problème, nous nous retrouvons à courir dans l’artère principale de la ville. Nous finirons par passer à travers un trou dans le grillage du camping concurrent au nôtre, afin d’être en temps et en heure au guichet. Pour rien au monde, nous ne voudrions manquer le rendez-vous qui nous attend. On en connaît un dont c’était la seule exigence pour ses deux semaines de vacances. Quant à la deuxième, lorsqu’il nous est demandé si nous avons un problème avec le fait d’avoir le mal de mer (creux de 2 mètres prévus pour l’après-midi), elle a à peine cillé !

Autant dire que nous sommes tous les quatre très motivés. Après un documentaire et un petit trajet en bus, nous voilà à l’embarquement… Nous observons la tête des personnes qui descendent du bateau voisin, et ils n’ont pas l’air très souriants… mer agité ou déception ???

Sensations fortes

Une fois à bord, de nombreuses consignes nous sont données, notamment sur «  comment vomir correctement »… Ça promet !

Puis, nous voilà partis. Nous comprenons très vite que l’observation des baleines ne sera pas le seul moment phare de l’après-midi. L’unique fait d’être à bord du bolide est une attraction en soi. A fond les manettes, nous comprenons maintenant la coiffure de l’un des membres du personnel (effet cheveux dans le vent, dressés sur la tête), « ça décoiffe » ! Mais pour l’instant, la vitesse a plutôt un effet grisant. Nous avons l’impression d’être à la poursuite de pirates ou de faire partie d’un bateau de douanes. Ne manquent plus que le gyrophare et l’alarme.

Les deux portes latérales sont ouvertes pour modérer le mal de mer. Le vent vif nous congèle sur nos sièges, et nous commençons à rebondir de vague en vague. Sensation toujours aussi excitante, même si l’on a quelque peu du mal à fixer notre attention sur l’écran  et sur le guide qui nous offre de nombreuses explications au sujet des baleines. En fait, ce sont la plupart du temps des cachalots qui résident à demeure dans le grand canyon sous-marin de Kaikoura.

Première rencontre

Nous gagnons rapidement le large, au-dessus des failles sous-marines qui se situent à quelques encablures de la côte. Tout à coup, le personnel s’agite, nous sentons que quelque chose se passe. Un cachalot est repéré et en moins de temps qu’il n’en faut, nous sommes tous autorisés à nous rendre sur le pont. Le grand mammifère marin est là, à la surface, et nous apercevons régulièrement les projections qui émanent de son évent. La partie de son corps que nous apercevons à la surface de l’eau est d’une longueur impressionnante, et ce n’est que la partie émergée de l’iceberg ! Nous restons ainsi quelques minutes à l’observer attendant, tous, le moment où il va plonger. Cet instant-là est juste un fascinant spectacle. L’animal laisse alors apparaître une queue massive avant de disparaître dans les profondeurs. Secondes magiques attendues de tous, accompagnées de « oh » et de « ah » échappés au milieu d’un silence émerveillé.

Nous sommes alors en haute mer, et ça secoue ! Difficile dans ces conditions de capturer cette magie en photo ou en film, tout en essayant d’en profiter nous aussi. Mais notre photographe a réussi à capter pour vous, la descente vers les abîmes du colosse. Pour les films, là encore, il va falloir patienter et pour les personnes sujettes au mal de mer, s’abstenir : ça tangue !

L’apparition des clowns de mer

Nous reprenons nos places à bord et la vitesse est toujours au rendez-vous. Cette fois, nous savons ce que sont des creux de deux mètres, et c’est plutôt amusant, même si on est parfois violemment tassés au fond de nos sièges. Nous pouvons voir quelques albatros au travers des vitres, difficile là encore à saisir du bout de l’objectif.

Mais soudain, un, puis deux, puis 10 dauphins apparaissent au milieu des flots. Le bateau fait un crochet, et en deux temps trois mouvements, nous sommes de nouveau sur le pont, au milieu de centaines de gais lurons !

Ce sont des Dusky Dolphins, réputés pour leurs capacités acrobatiques, et pour cause ! De loopings en sauts de vague en vague, ils s’approchent au plus près du bateau et s’amusent à en heurter la coque avec leur queue. Nous ne savons plus où donner de la tête. Marie qui tente de saisir un saut ou une apparition avec sa caméra, finit par prendre le parti de rester statique (même si le bateau ne l’est pas) : ils sont si nombreux qu’il y en a toujours un sur l’écran. C’est la encore un très, très, très grand moment.

Puis nous reprenons place dans la cabine. Les portes sont, cette fois, fermées, la mer est de plus en plus agitée. Nous virevoltons dans les flots en direction d’un deuxième cachalot. Nous sortons en attendant la redescente, les jambes un peu flageolantes au milieu des éléments qui se déchaînent. Cette fois l’animal est plus discret, et nous n’apercevons pas la queue du colosse. En reprenant nos places, certains d’entre nous auraient bien supplié pour retourner à quai, mais déjà le signal est donné, le premier cachalot, que nous avions pu observer, est de nouveau à la surface.


Le coup de grâce

Nous voici de nouveau secoués, ballotés, projetés. Mais cette fois, les vagues nous viennent de côté, et le mal de mer n’est pas loin….les creux de deux mètres nous en paraissent plutôt 4 !  Nous essayons de fixer notre attention tant bien que mal à l’extérieur, afin de garder le cap, tentant d’ignorer le nombre, croissant de minute en minute, de personnes la tête dans le sac….

Une vague nous frappe de plein fouet de côté et la stupeur peut se lire un instant sur les visages. Le plus inquiétant selon Marie, c’est le visage jusqu’alors rieur de notre guide à chaque grosse vague, qui se fige tout à coup. Mais le capitaine a l’air de bien s’amuser, et de maîtriser complètement la situation. Nous voici arrivés à destination. Petit moment difficile à passer pour se tenir sur nos jambes, même l’air frais a bien du mal à nous faire oublier ce bateau qui tangue. Et notre cachalot choisit juste le moment où une grosse vague nous empêche de voir ses capacités de plongeur pour redescendre. Le bateau situé en face de nous aura, quant à lui, plus de chance. Mais nous ne nous attardons pas trop sur son cas qui nous renvoie notre propre condition, balloté comme une feuille morte au milieu des vagues.

Happy End

Dernier come-back en cabine où notre guide nous annonce que nous devrions maintenant nous sentir mieux puisque nous allons tourner le dos au large et rentrer au bercail. Il est vrai que quelques grosses vagues plus loin, l’atmosphère devient plus respirable. Le roulis latéral a disparu, et avec lui, toute sensation inconfortable.

Nous profitons des dernières perceptions liées à la vitesse et nous nous félicitons d’avoir tenu le choc tous les quatre. Nous sortons du bateau, des étoiles plein les yeux, un peu blancs quand même, sans doute dans le même état que les passagers que nous avions croisés en embarquant. Mais le corps ne reflète pas la joie d’avoir pu partager ces trois heures magiques avec nos deux touristes ! Rien que pour ces trois petites heures, Marie est ravie d’avoir fait venir ses parents de si loin en s’exilant ainsi cette année.

Rien de tel après un petit mal de mer qu’un bon resto ! Ce soir, c’est Ludo qui régale au Tuti’s. Nous y rencontrons une serveuse québécoise très sympathique, y goûtons une très bonne soupe de la mer (Sea food chowder), de la langouste, très réputée à Kaikoura, et plein d’autres bonnes choses du large.

La péninsule de Kaikoura

Le jeudi matin, c’est farniente. Le programme des derniers jours nous a un peu épuisés, et si l’enthousiasme nous reprend lorsqu’on évoque la sortie en mer de la veille, la fatigue aussi… on en tangue encore !

L’après-midi, nous voulons partager avec nos compagnons de bord, la vue fantastique qu’offre la péninsule de Kaikoura sur la colonie d’otaries. Mais nous sommes très déçus, les centaines de bestioles qui habitaient les lieux il y a quelques mois ont disparu… sans doute en pêche ou en d’autres lieux. Les Dubois n’auront plus qu’à nous croire sur parole et à se consoler avec les photos prises lors de notre dernier passage.

Seuls quelques énergumènes, et pas des moindres, feront le spectacle. Nous croyons même avoir retrouvé notre star de zèle sur la roche, même clowneries, même très longues moustaches, et même rocher de prédilection.

Que du bon

Après cette après-midi au grand air, nous voilà de nouveau au restaurant, cette fois c’est papa Dubois qui régale au Hislops café.

Le restaurant «  organic » est choisi par le maître jardinier français qui synthétise par son choix, l’esprit Kiwi, de la bonne bouffe bien saine. Ainsi ce soir, pour les hommes c’est agneau néo-zélandais, bio bien-entendu (tout comme la boisson…) et élevé au grand air, cela va de soi. En revanche, le service est plus guindé que la veille.

Contre la montre

Le vendredi matin, le soleil est éclatant. Nous faisons une petite séance photo dans les rues de Kaikoura. Les singeries de Mr Dubois font beaucoup rire les Néo-Zélandaises qui passent par là… Et les Wakatripeurs ont bien du mal à garder les yeux ouverts pour se faire tirer le portrait.

Puis, ayant pris du retard, une course contre la montre s’engage entre la récupération du van à la Food Farm et l’arrivée chez le loueur du camping-car 5 min avant la fermeture…

Nous voici de nouveau à l’aéroport, pour se dire au revoir cette fois… Nous espérons que les quelques mois qui nous séparent du retour en France passeront plus vite pour nos touristes qui peuvent maintenant mettre des images et surtout des souvenirs, sur les lieux que nous fréquentons. Nous restons ravis que grâce (ou à cause de) nous…, ces deux là ont fait le tour du monde en moins de deux semaines pour passer du temps tous ensemble, et nous l’espérons, en ont pris plein les mirettes.

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La Photo du jour : Au pays du long nuage blanc

// 30 mars 2009 // 8 Commentaires » // La Photo du jour

Au pays du long nuage blanc, Wanaka Lake, Nouvelle-Zélande

Au pays du long nuage blanc, Wanaka lake, Nouvelle-Zélande

( Cliquez sur la photographie pour l’agrandir )

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La Photo du jour : La tendresse animale

// 29 mars 2009 // 6 Commentaires » // La Photo du jour

 

La tendresse animale, Curio Bay, Nouvelle-Zélande

La tendresse animale, Curio Bay, Nouvelle-Zélande

( Cliquez sur la photographie pour l’agrandir )

Découvrez aujourd’hui la Photo du jour : la tendresse animale. Jolie scène de vie surprise au lever du soleil sur Curio Bay. Ces deux manchots antipodes (Yellow Eyed Penguins) se préparent à affronter l’océan pour aller pêcher.

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Au pays des manchots et des dauphins : Curio bay

// 28 mars 2009 // 7 Commentaires » // Nouvelle-Zélande

 

Quelques centaines de kilomètres, une quinzaine de lièvres et d’opossums plus loin, nous arrivons de nuit sur le parking de Curio bay. Pour un bon emplacement de camping sauvage, toujours se garer à proximité d’un panneau «  no overnight camping » c’est un gage de qualité… Nous nous endormons avec, déjà, en tête, ce que nous espérons voir le lendemain : manchots, dauphins,…


Départ de pêche aux aurores, Curio bay

 

 

Wake-up

Quelques heures plus tard, le réveil sonne. Nos deux compagnons de route sont sur le pied de guerre en moins de temps qu’il nous en faut pour ouvrir un œil. Sous les premières lueurs du matin, nous les rejoignons très vite, réalisant soudain que nous ne leur avons pas précisé qu’ils pourraient rencontrer des lions de mer sur le chemin obscur de Curio bay.

 


Un spectacle grandiose

 

La quiétude et l’air frais du petit matin, le rougeoiement des premiers rayons sur les rochers et les vagues qui s’y écrasent font de cette sortie aux aurores, un moment de grâce à l’état pur. Lorsque l’on ajoute au décor les petits manchots antipodes qui descendent tranquillement pour se mettre à l’eau, leurs chants, leurs déplacements : tout est réuni pour un réveil exceptionnel où la fatigue est très vite oubliée. Le simple fait d’évoquer ce mardi matin unique nous replonge dans une ambiance feutrée et paradisiaque.

Une fois le dernier manchot disparu dans les flots, nous regagnons le camping-car pour rejoindre Porpoise bay de l’autre coté de la falaise.

 

Deuxième instant « magique » pour Ludo

Un second plaisir photographique est offert à Ludo grâce à quelques moutons se baladant librement sur la falaise sous les rayons matinaux. Nous avons, quant à nous, bien peur qu’il ne les effraie et en fasse sauter un de la falaise (et par conséquence, tous les autres derrière lui). Mais notre photographe a un contact fusionnel avec ces bestioles… Nous aurons l’occasion de reparler de cette passion des ovins chez lui dans un article spécial !

 

Peu farouche

Une autre surprise nous attend sur le parking face à Porpoise bay où nous avons élu domicile pour le petit-déjeuner. Les yeux dans les vagues, à guetter la moindre apparition des dauphins d’Hector, nous n’avons pas vu s’approcher un lion de mer très sociable… La bête est tranquillement installée sur le gazon, juste à côté du camping-car, pour une petite bronzette sous le soleil de ce milieu de matinée.

Quelques minutes plus tard, notre photographe pique doucement du nez… Les deux Dubois, fous de l’eau de mer, ne pensent, quant à eux, qu’à une chose : « On plonge ou on ne plonge pas ? Elle est froide, tu crois ? »


Nager avec les dauphins

 

Une promenade sur la plage (attirail de plongée en main.. juste au cas où…) achèvera de nous décider. En effet, dès nos premiers pas sur le sable, un petit groupe de dauphins s’approchent de la rive. C’est le moment ou jamais ! Oubliées la fatigue et la fraîcheur du matin : perception de la combinaison et nous nous jetons à l’eau !

Mais là, l’histoire se complique un peu. Pourtant habitués aux lacs d’altitude avec un simple maillot de bain, il faut bien avouer que l’eau, ici, est juste glaciale. Nous nous rappelons soudain que nous sommes proches du point le plus au sud de la Nouvelle-Zélande et que seules quelques petites îles nous séparent des courants froids qui viennent de l’Antarctique.

Nous avançons comme nous pouvons, entre les rochers, dans l’eau froide. Les dauphins approchent toujours plus.  Nous luttons mais sommes incapables de mettre la tête sous l’eau pour les observer. En revanche, ils viennent nous saluer et s’aventurent même jusqu’à passer entre nous.

Nous sommes très impressionnés de voir leurs évents s’ouvrir juste à coté de nous dans un petit bruit sec lorsqu’ils prennent leur respiration et surtout d’entendre résonner sous l’eau les sons qu’ils émettent. Sans être fascinés initialement par ces bestioles, il faut bien dire que leur présence toute proche est assez impressionnante. Ils dégagent quelque chose d’unique et d’attirant, comme s’ils modifiaient, par leur présence, toute l’atmosphère nous entourant.

C’est aussi très étonnant de voir qu’ils s’approchent aussi près des côtes, là même où nous n’avions de l’eau que jusqu’à mi-buste.

Le temps que l’on réussisse à mettre la tête sous l’eau sans hurler… , ils se sont déjà malheureusement éloignés. Nous essayons de jouer de la palme vers une autre zone espérant qu’ils reviennent, mais sans succès. Cette expérience fascinante nous laisse un petit goût de pas assez, et nous espérons bien avoir l’opportunité de la retenter…

En revanche, deux lions de mer ont bien failli nous rejoindre. Se chamaillant à coup de dents au bord de l’eau, ils se rapprochaient de plus en plus des premières vagues. L’occasion pour papa Dubois de se moquer de sa fille, pas très rassurée à l’idée de se retrouver dans la mêlée. Nos pieds congelés sont ensuite ravis de fouler le sable tiède.

 

Voilà pourquoi vous n’aurez aucune photo de notre rencontre avec les dauphins

Lorsque Marie rejoint le camping-car afin de se changer, elle réveille à la force des couleurs fluo de sa combinaison, un Ludo perturbé :

« Ah, ça y’est ? vous allez plonger ?!

Tu sais quoi, j’ai rêvé d’un Yéti… un vrai ! Il n’avait qu’un seul œil, énorme, au milieu de la tête. J’étais si proche de lui que je me voyais dans son œil ! Je sais enfin à quoi ressemble le vrai Yéti !!! …..Mais t’es trempée …???»

……..

« Quoi ? Vous avez vu des dauphins sans moi ?!, pourquoi tu ne m’as pas appelé !!!! » …Tout ça avant de retourner à son Yéti… Serait-ce l’animal qui manque à sa collection photographique ?

Nous laissons les psys interpréter l’univers perturbé de l’artiste…   (lol)

Quelques photos de cette aventure marine avec les dauphins ont quand même été prises à la volée avec un appareil jetable étanche. Peut-être pourrons-nous les partager avec vous si elles sont réussies, tout comme les films qu’il nous tarde de mettre en ligne. Nous vous communiquerons les liens en temps. (à savoir, lorsque nous aurons une connexion internet digne de son nom…ou une connexion tout court d’ailleurs)*

 

 

Pour contiuer ces rencontres animales en série, nous prenons la direction de Kaikoura. Une longue route nous attend. Après une petite pause aux Moeraki boulders, nous profitons de passer à proximité d’Oamaru à la tombée de la nuit pour présenter à nos touristes à bord les manchots pygmées. Puis, nous continuons notre remontée vers Kaikoura, que nous atteignons le lendemain matin après une courte nuit à Waikuku beach. Une rencontre avec les baleines est prévue pour l’après-midi…

 



* Pour la petite histoire, notre clé internet 3G a disparu de la circulation, ce qui risque de perturber les publications de ces prochaines semaines sur WakaTrip. Nous nous en excusons par avance, et faisons au mieux pour garder le rythme. Pour être informés des prochaines parutions : inscrivez-vous à la Newsletter.

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Croisière sur le fjord, Milford Sound

// 27 mars 2009 // 11 Commentaires » // Nouvelle-Zélande


Lundi 2 Mars, après avoir sillonné une jolie route et fait quelques arrêts, nous empruntons le « Homer tunnel ». A la sortie de ses 1200m, la « Cleddau Valley » s’offre à nos yeux formant une voie naturelle vers Milford Sound. Nous ne sommes plus très loin de notre but : la croisière dans le fjord de Milford Sound.

Stirling Falls, (En maori : Wai Maanu qui signifie baleine reposant sur la mer), Milford Sound. Cette cascade porte le nom du Capitaine Stirling qui explora le fjord à bord du navire Clio. Elle s'élève à 155 mètres de haut.

Milford Sound

Milford Sound est, de loin, le plus célèbre des fjords de la région. Il est également le seul accessible par la route. Même si ce bras de mer long de 16kms est connu sous le nom de Milford Sound, il s’agit en fait d’un fjord. C’est une vallée typiquement étroite, façonnée par la glace et aux pentes abruptes, dans laquelle la mer s’est installée après le recul d’un glacier.

Par opposition, un sound désigne une vallée fluviale (et non glaciaire), elle aussi, inondée par la mer dans un second temps. C’est le cas des Marlborough Sounds.


Arrivée à Milford Sound

Lorsque nous nous retrouvons face aux falaises à pic qui plongent dans la profondeur de l’eau émeraude, nous savons que nous sommes arrivés à destination. Le Mitre Peak s’impose comme la massive sentinelle de forme pyramidale qui domine la baie de Milford Sound du haut de ses 1692m.

Croisière à bord du Frienship

Nous embarquons ensuite afin de débuter notre promenade en bateau dans le fjord. Et dès les premiers mètres, nous sommes dans un autre monde. Certes, il ne fait pas très chaud et le vent est vif, mais le soleil brille, et nous sommes sur le pont, prêts à en prendre plein les yeux. Nous avons l’impression d’être tout petits au milieu de ce fjord en apparence inaccessible. Les hautes pentes abruptes couvertes de forêt primaire participent à ce sentiment, et rendent la croisière grandiose.


Le Friendship passe si proche des cascades qu’elles en arrosent ses pontons et  légèrement aussi leurs occupants… C’est notamment le cas de Stirling Falls, haute de 155m. Les Bowlen Falls, quant à elles, jaillissent d’une vallée glaciaire en s’offrant une chute de 160m.

Nous guettons également les flots dans l’espoir d’apercevoir les dauphins, souvent présents dans le fjord, en vain. Nous voudrions bien apercevoir aussi le manchot du fiordland… là encore… rien. Mais, pour le plus grand plaisir des nos deux Frenchies à bord, nous faisons la rencontre d’un petit groupe d’otaries à fourrure de Nouvelle-Zélande, qui se dorent la pilule sur des grandes roches plates à l’abri du vent. Les deux plus jeunes se donnent même en spectacle en chahutant et donnant de la voix devant les visiteurs amusés.

Lors de notre retour vers la terre ferme, nous nous mettons quelques minutes à l’abri dans la cabine, devant un petit thé, et découvrons dans la brochure du bateau, une anecdote intéressante. Lorsque les eaux sont calmes et le vent faible, la rencontre de l’eau de mer qui s’introduit dans les fjords et de l’eau douce provenant des fréquentes précipitations et des cascades entraîne l’apparition d’un phénomène étrange. Une couche d’eau douce de la couleur du thé se forme en surface…

Un phénomène étrange

La couche d’eau douce de 3 à 4 m qui se maintient en surface du fjord témoigne de l’importance des précipitations dans la région.
En raison de leur densité inférieure, les eaux provenant des montagnes environnantes ne se mélangent qu’en partie à l’eau salée. Au cours de son long voyage à travers une végétation luxuriante, l’eau douce se teinte au contact des tanins et d’autres matières organiques.

Les tanins sont des substances que l’on trouve dans presque tous les végétaux. Ils sont aussi présents dans les bois des tonneaux (surtout ceux en chêne) et participent ainsi à la coloration des cidres, pommeaux, calvados,…). Le tanin était aussi utilisé au Moyen-Age pour la préparation du cuir afin de le rendre imputrescibles. On l’extrayait d’écorces de chênes que l’on broyait dans des moulins.

Ceci nous donne une idée de la couleur que peut avoir cette couche supérieure d’eau douce sur le fjord.

Mais cette couche d’eau à faible salinité n’est pas simplement une curiosité par sa couleur. Elle offre une opacité étonnante sur 2 ou 3 mètres de profondeur et agit comme un filtre. La pénétration de la lumière est beaucoup moins importante dans les fjords qu’en milieu purement marin. (10m dans les fjords équivalent environ à 70 mètres en mer). La vie marine des fjords s’est donc adaptée à cette opacité, en gagnant notamment des profondeurs moins importantes.

Ainsi, une grande diversité marine peut être observée sur les 40 premiers mètres de profondeur faisant le régal des plongeurs. C’est le cas de l’étonnant corail noir, qui se développe normalement à 80 mètres de profondeur. il est visible dans les fjords à 10 mètres seulement.

Après cette après-midi au pays des merveilles, nous décidons, sur un coup de tête motivé par l’envie d’une rencontre avec une faune marine toujours plus riche (manchots antipodes et dauphins d’Hector), de faire un « petit » détour vers Curio bay et Porpoise bay, avant de gagner Kaikoura, pour la dernière partie de notre voyage à quatre voix.


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La Photo du jour : Piopiotahi (Milford Sound), berceau de légendes maories

// 26 mars 2009 // 4 Commentaires » // La Photo du jour

 

Piopiotahi, berceau de légendes maories, Milford Sound, Nouvelle-Zélande

Piopiotahi, berceau de légendes maories, Nouvelle-Zélande

Sur cette photo se dresse Mitre peak qui fut  nommé ainsi, en raison de sa ressemblance avec la coiffe d’évêque. Ce sommet spectaculaire de 1682m est l’un des plus hauts à s’élever ainsi directement depuis le niveau de la mer.

 

( Cliquez sur la photographie pour l’agrandir )

 

 

Les Maoris connaissent Milford Sound sous le nom de Piopiotahi, qui désignait aussi une grive native, oiseau aujourd’hui disparu. Comme de nombreux lieux grandioses en Nouvelle-Zélande, Milford Sound a lui aussi généré plusieurs légendes maories, traitant notamment de l’origine et de la création des fjords, mais aussi de la présence à Milford Sound, d’une pierre de jade unique.


Formation des fjords selon la légende maorie

 

Selon la légende maorie, Piopiotahi (Milford Sound) a été creusé par Tu-te-raki-whanoa, un Atua (personnage mystique), à qui on avait confié la tâche de façonner la côte du Fiordland.

En chantant une puissante karakia (prière), il tailla les imposantes parois rocheuses avec son toki (houe), appelé Te Hamo. Il  commença à l’extrême sud où il créa une côte abrupte avec de nombreuses îles. Au fur et à mesure qu’il se déplaçait vers le nord, il perfectionna son travail, créant de longues criques tortueuses où l’eau de mer, farouche au large, pourrait ici se reposer. Piopiotahi fut de tout temps considéré comme la plus belle réussite de Tu-te-raki-whanoa.

La légende dit même que, lorsque la déesse des mondes sous-marins Hine-nui-te-po vint voir son travail, elle fut interpellée par la grandeur de Piopiotahi (Milford Sound). Elle fut si impressionnée par la beauté de ses paysages qu’elle s’inquiéta de leur avenir. Les personnes, après avoir vu le fjord, ne voudraient peut-être plus le quitter… Ainsi, la légende raconte que pour encourager les humains à quitter la région, La déesse y  lâcha les sandflies.

A travers cette légende, on peut entrevoir pourquoi les Maoris ne se sont jamais installés dans la région. En effet, même s’ils parcouraient Milford Sound en quête du précieux jade d’Anita bay, unique et différent de celui rencontré sur le reste de la côte ouest, ils ne s’installèrent jamais dans le fjord, sans doute en raison des rudes conditions (climat, sandfly, côtes abruptes,…).

 

Le jade, élément important dans la culture maorie, est trouvé uniquement dans quelques vallées reculées de l’île du Sud et sa présence y est expliquée par une légende qui conte les déboires de Tama.


Tama et les femmes de jade

 

Tama arriva de Hawaiki (pays des ancêtres maoris) à la recherche de ses trois femmes enfuies. Il les retrouva à Arahura, mais c’est alors que son esclave brisa un tapu (d’où le mot français tabou tire son étymologie).

Le tapu est une interdiction inviolable, une sorte de concept,  (souvent lié au sacré, aux ancêtres ou à la mort), que l’on ne peut briser sous peine de lourdes représailles. C’est ce qui arriva à Tama suite à la désobéissance de son esclave. Le Atua (personnage mystique) le punit, transformant ses femmes en trois pierres de jades différentes que l’on trouve aujourd’hui dans le Westland.

Ceci n’est pas sans rappeler l’intervention d’un chef maori dans la légende expliquant l’origine du nom de la ville Kaikoura.

 

 

Dans le fjord de Piopiotahi (Milford Sound), une pierre de jade particulière, douce et translucide est connue comme étant Tangiwai, une des femmes de Tama. Tangiwai, qui signifie éplorée, présente des traces ressemblant à des gouttes d’eau à sa surface. Selon la légende, ce sont les larmes versées par Tama en découvrant le corps pétrifié de sa femme.

La légende raconte aussi que Tama, dans sa course désespérée à la recherche de ses femmes, déchira ses vêtements en lambeaux. Ceux-ci étaient constitués de tussock, de flax et d’autres plantes dont les morceaux, qu’il sema derrière lui, prirent racine. C’est ainsi que ces végétaux furent introduits dans le Fiordland…


Un phénomène géologique : la création des fjords du Southland

// 25 mars 2009 // 10 Commentaires » // Nouvelle-Zélande


En jetant un oeil sur la carte de l’île du sud de la Nouvelle-Zélande, vous serez sans aucun doute comme nous l’avons été, intrigués par une grande étendue de vert entrecoupée de bleu. Le relief découpé du Fiordland National Park  est plutôt hors du commun. Il est, avec 1,2 millions d’hectares le plus vaste parc national de Nouvelle-Zélande. Inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco, cette région  est notamment connue pour ses fjords et renommée pour ses nombreuses randonnées. Milford track, Kepler track, Dusky track et tant d’autres ; c’est au total 500 kms de sentiers tracés à travers la réserve naturelle et 60 refuges qui font de ce parc national une destination rêvée pour les randonneurs.


Au pied des fjords, Fiordland

Des paysages hors du commun

Une épaisse forêt pluviale tempérée couvre les pentes abruptes dominant les 14 fjords et 5 grands lacs d’origine glaciaire du Fiordland. Côtes déchiquetées, falaises, cascades, fjords, lacs : ces paysages escarpés ont été modelés par les glaciations successives. Ces lieux reculés et protégés sont habités d’une faune et d’une flore exceptionnelles.

Les animaux marins prospèrent sur ces côtes où l’on peut notamment rencontrer le grand dauphin et le très rare manchot du Fiordland (ou Gorfou huppé)

La forêt pluviale recouvre les deux tiers de la région. C’est une forêt vierge tropicale (rain forest) tempérée et fraîche, dense comme une jungle. L’espèce végétale qui prédomine est le hêtre argenté de Nouvelle-Zélande, mais elle est aussi habitée de vignes vierges, de lianes, de plantes grimpantes et de fougères qui s’enchevêtrent. Cette végétation dense, offre un abri sûr au très rare Takahe, une espèce menacée que l’on croyait disparue, avant que ne soit découvert leurs derniers représentants dans cette région (aujourd’hui une  centaine d’individus).


Climat

L’eau est l’un des principaux éléments responsables de la beauté de la région. Les fjords offrent le meilleur d’eux-même juste après une bonne pluie, lorsque la « rain forest » a bien été arrosée.

S’il est plutôt décevant d’arriver dans cette région sous la pluie, on lui doit néanmoins la beauté de ces paysages. Sans elle, pas de forêt pluviale.

Le Fiordland passe sans transition de la mer aux hauts pics montagneux, prenant au piège tous les nuages qui les survolent. C’est pourquoi il peut pleuvoir uniquement dans cette région alors que le soleil brille partout ailleurs en Nouvelle-Zélande.  N’ayons pas peur de dire que le Fiordland est l’un des endroits les plus pluvieux du monde. A titre d’exemple, Milford Sound, où nous nous sommes rendus, reçoit environ  6 mètres de pluie par an.

Lors de notre passage dans le Fiordland, nous pouvons nous estimer chanceux car nous n’avons pas essuyé une seule goutte de pluie pendant les visites. Le crachin était de mise en tout début et fin de journée, mais le soleil nous a fait l’agréable surprise de nous accompagner sur le chemin de Milford Sound.


La formation des fjords

La région du Fiordland, unique en son genre, est le résultat de l’énorme pouvoir naturel de l’eau. En des temps anciens, les glaciers sculptèrent ces reliefs particuliers : les fjords. Ils creusèrent la face de cette région, puis suite à un réchauffement climatique inondèrent les vallées, formant ainsi les lacs qu’on lui connait aujourd’hui. Les sommets des monts escarpés peuvent atteindre 2750m et certaines falaises s’élèvent à 1200 m.


Chronologie

Il y a plus de 10 millions d’années, le soulèvement de la région provoque des plissements formant alors des reliefs séparés par des vallées en V.

Il y a 2 millions d’années, une nouvelle ère glaciaire commence. La neige s’amoncelle alors autour de la région du Fiordland et se transforme en glace. C’est ainsi qu’apparaissent des glaciers qui se frayent un passage vers la mer. Ils connaissent de nombreuses avancées et reculs au rythme des caprices climatiques. A chaque avancée, il sculpte un peu plus profondément les vallées, taillant les sommets et les crêtes en pointes et les vallées en U.


Il y a entre 20 000 et 12 000 ans un réchauffement climatique opère, provoquant une reculée flagrante des glaciers, laissant alors apparaitre des vallées d’altitude.


Il y a environ 6 000 ans, à la fin de la dernière ère glacière, le niveau de la mer atteint son niveau actuel. L’eau salée envahie alors les vallées, créant des voies d’eau entre les reliefs : les fjords, appelés ici par erreur : « sounds ».

Des « sounds » qui n’en sont pas…

Le terme sound désigne un bras de mer formé par submersion d’une vallée fluviale. Mais pour contredire cette définition, les sounds du Fiordland (dont fait parti Milford Sound) sont en fait des fjords formés par plissement de l’écorce terrestre, ensuite approfondis et élargis par les glaciers et enfin envahis par la mer.

L’explication de cette contradiction remonte au XVIIIeme siècle lorsque les explorateurs débarquèrent dans la région. Ils pensent alors découvrir d’anciennes vallées fluviales submergées par l’océan, formant ainsi des bras de mer impressionnants, s’insinuant dans les terres. Ce phénomène a un nom en anglais : « Sound ».

Ils baptisent ainsi Milford Sound et les autres fjords sur cette certitude.

Plus tard, est constaté qu’il s’agit en fait de fjords. C’est pourquoi la région est rebaptisée Fiordland, afin de rétablir, en quelques sortes, la vérité géologique.

Curieux de voir ça de nos propres yeux, le prochain article traitera de Milford Sound.


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// 24 mars 2009 // 1 Commentaire » // La Photo du jour

Neiges éternelles, sur la route de Milford Sound, Nouvelle-Zélande

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La Photo du jour : La montagne en fleurs

// 23 mars 2009 // 5 Commentaires » // La Photo du jour

La montagne en fleurs, Fiordland, Nouvelle-Zélande

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La Photo du jour : Fleur de jungle

// 22 mars 2009 // 5 Commentaires » // La Photo du jour

Fleur de jungle, Fiordland, Nouvelle-Zélande

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