Découvrez l’aventure et les photographies de 2 Français partis voyager au bout du monde. Les Français chez les All-Blacks, la Nouvelle-Zélande, pays de la coupe du monde de rugby 2011.
La Nouvelle-Zélande peut faire l’objet de rigueur du climat par la répercussion des conditions extrêmes de l’Antarctique. L’absence de terres intermédiaires pousse la faune sauvage à remonter parfois très haut afin de trouver une terre adéquate où se reproduire. C’est le cas de l’Albatros Royal, dont une colonie s’est installée sur la pointe de la Péninsule de l’Otago : Taiaroa head.
Nous avions renoncé à payer le droit d’entrer pour visiter la seule colonie au monde d’Albatros à s’être établie sur une terre habitée par l’Homme. Nous ne voulions pas avoir la déception de ne pouvoir observer ces géants des mers uniquement sur leur nid. Nous ne les décrirons pas mieux que Baudelaire, mais nous avions le sentiment, peut-être imprégnés par ce poème, que rien ne valait plus que de voir cet oiseau en vol. Nous avons donc attendu, espèrant l’apercevoir près des côtes un jour de grand vent, et ne regrettons rien.
Quel plaisir de le voir apparaître au milieu des éléments et de cette tornade d’émotions que fut notre sortie en mer à Kaikoura.
Quelques généralités
On trouve deux sous-espèces d’Albatros Royal : celle du nord et celle du sud ce qui représente au total 21000 individus.
Ce géant des mers peut mesurer jusqu’à 1,2 mètres et présenter une envergure de 3,2 mètres.
L’Albatros doit courir à la surface de l’eau lors de l’envol. Il ne vient sur terre que pour la reproduction.
En revanche dans les airs, il couvre des distances qu’aucun autre oiseau ne peut atteindre sans pause (Plus de 1000 kilomètres en une journée). Très gracieux, il paraît planer sans effort grâce à un mécanisme qui bloque ses ailes en position déployée, lui permettant d’économiser une énergie non négligeable.
Les albatros se reproduisent tous les 2 ans. 30 ou 40 jours après l’éclosion, les parents ne font plus que de brèves visites au jeune pour le nourrir. Une fois âgé de 100 jours, le duvet du jeune atteint sa longueur maximale de 13 cm, et ses repas deviennent plus consistant : jusqu’à 2 kg par becquée !
Quelques 12 mois après la ponte, ayant pris soin de l’œuf puis du petit pendant près de 300 jours, les parents repartent en mer pour toute une année, avant de revenir pondre de nouveau.
Le jeune albatros s’élancera seul du nid, essayant ses grandes ailes au-dessus des océans. Il rentrera vers sa terre d’origine uniquement pour se sociabiliser avec les autres jeunes. Apres 10 ans, il atteint la maturité sexuelle pouvant, à son tour, devenir parent et pourra vivre plus de 50 ans.
Plongeon vers les abîmes, baie de Kaikoura , Nouvelle-Zélande
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Les fosses marines dont parle la légende de Te Koha O Marokuraexistent bel et bien et font de Kaikoura un des rares endroits où l’on peut voir les baleines si près de la côte. La présence de ces grands prédateurs dentés est due à l’importante profondeur des eaux et à la rencontre de courants chauds et froids qui font remonter vers la surface les proies dont ils se nourrissent.
Kaikoura et ses eaux grouillantes de vie
A seulement quelques centaines de mètres du rivage, se trouve un immense canyon large et profond où les cachalots évoluent fréquemment. Cette zone est constamment alimentée par les eaux venant de l’Antarctique, qui constitue un véritable garde-manger pour les cachalots, orques, dauphins, otaries et autres animaux marins qui habitent les lieux.
Les experts pensent que les calamars géants vivent encore à l’heure actuelle dans le canyon de Kaikoura, en raison des traces cicatricielles observées sur les cachalots. Autre preuve, en 1997, trois cadavres de calamars géants ont été trouvés dans les eaux proches du canyon. Les corps ont été gardés au national institut of water and atmospheric search de Wellington. De plus, des images sous-marines récentes évoqueraient l’existence d’une lutte entre un requin et un calamar géant…Pour l’anecdote, le calamar géant le plus grand jamais mesuré s’est échoué en en 1880 sur une plage de Nouvelle-Zélande. Il pesait à peu près une tonne, ses yeux étaient les plus larges de tous les animaux (de la taille de la tête d’un homme).
Beaucoup d’oiseaux marins fréquentent aussi la région dont l’albatros royal, l’albatros hurleur, le puffin gris, le pétrel géant, et l’albatros à sourcils noirs.
Le Sperm Whale
Le grand cachalot ( Physeter macrocephalus), en anglais : Giant Sperm Whale, est le plus présent dans les eaux de Kaikoura où il peut être aperçu tout au long de l’année. Cette baleine à dents est la plus grande de la famille des odontocètes et la troisième plus grande baleine du monde, après la baleine bleue et le rorqual. Les cachalots s’alimentent essentiellement de calamars qu’ils chassent en profondeur. Ils peuvent atteindre 20 mètres de long et peser plus de 30 tonnes.
La magnifique et puissante queue du cachalot est, en proportion, plus grande que celle des autres baleines. Mais la principale caractéristique du « Sperm Whale » reste son étonnante boîte crânienne contenant le plus gros cerveau au monde. Elle représente un tiers de la longueur totale du corps du colosse, et bien plus d’un tiers de son poids. De plus, cette tête, de forme inhabituelle, contient un liquide appelé spermaceti. Autrefois, les baleiniers pensaient avoir découvert une particularité étonnante, à savoir que cette espèce serait pourvue d’organes sexuels au niveau de la tête, en raison de l’apparence du liquide contenu dans celle-ci. C’est de cette erreur que fut induit le nom de « Sperm Whale » et du liquide riche en huile : le spermaceti.
Le rôle du spermaceti
Cette caractéristique remarquable permet aux cachalots d’atteindre des profondeurs impressionnantes : jusqu’à 2500 mètres. Pour descendre aussi bas, ils utilisent un système hydrostatique unique : l’animal contrôle le flux sanguin de sa tête et les variations de température qu’il provoque entraînent un changement de densité au niveau de la tête. Le refroidissement du liquide induit sa densification et agit comme un leste favorisant la plongée de l’animal (à environ à 7,8km/h). A l’inverse, lorsque le spermaceti est réchauffé, il agit comme une bouée qui aide pour une remontée à moindre effort (à environ à 5 km/h).
Au-delà de 450 mètres de profondeur, en raison de la pression, les poumons de l’animal ne peuvent plus assurer son oxygénation. De retour à la surface, il s’agit de ré-oxygéner les 3 tonnes de sang du corps du cachalot.
Pour une plongée de 45 minutes, il faudra au cachalot une oxygénation de 10 minutes environ pour préparer la descente suivante. L’animal respire 6 à 7 fois par minute. En fait, chaque souffle équivaut environ à une minute passée dans les abîmes.
Pour l’anecdote, la plongée la plus longue jamais enregistrée fut de 2h et 18 minutes.
L’écholocation des baleines
Comme tous les odontocètes, le cachalot utilise l’écholocation pour trouver ses proies. Une série de « petits clics » sont émis depuis le front de l’animal, créant un faisceau reçu en retour par sa mâchoire inférieure si le signal s’est heurté à quelque chose de solide. L’information est ensuite transmise à l’oreille interne. Ce système est tellement sensible qu’il permet au cachalot de savoir exactement quel type de poisson ou de calamar sera ensuite au menu du jour.
Les cachalots étaient autrefois l’une des espèces les plus répandues au monde.
Mais la chasse à la baleine a fragilisé cette espèce comme bien d’autres. Les cachalots étaient très prisés pour leur spermaceti (huile) et pour l’ambre gris (situé dans l’abdomen) utilisé pour intensifier l’odeur des parfums. Si la chasse de ces grands mammifères a depuis longtemps cessé en Nouvelle-Zélande, de nombreux pays sont encore concernés et les accords internationaux pour les quotas ne sont jamais aisés à mettre en place.
La Nouvelle-Zélande nous permet chaque jour de constater combien l’océan est grouillant de vie, mais aussi combien son équilibre est fragile. Ses habitants espèrent laisser davantage à leurs enfants que les histoires et les légendes que nourrissent ces géants des mers comme la fameuse histoire de Moby-dick.
Découvrez aujourd’hui la Photo du jour : la tendresse animale. Jolie scène de vie surprise au lever du soleil sur Curio Bay. Ces deux manchots antipodes (Yellow Eyed Penguins) se préparent à affronter l’océan pour aller pêcher.
Piopiotahi, berceau de légendes maories, Nouvelle-Zélande
Sur cette photo se dresse Mitre peak qui fut nommé ainsi, en raison de sa ressemblance avec la coiffe d’évêque. Ce sommet spectaculaire de 1682m est l’un des plus hauts à s’élever ainsi directement depuis le niveau de la mer.
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Les Maoris connaissent Milford Sound sous le nom de Piopiotahi, qui désignait aussi une grive native, oiseau aujourd’hui disparu. Comme de nombreux lieux grandioses en Nouvelle-Zélande, Milford Sound a lui aussi généré plusieurs légendes maories, traitant notamment de l’origine et de la création des fjords, mais aussi de la présence à Milford Sound, d’une pierre de jade unique.
Formation des fjords selon la légende maorie
Selon la légende maorie, Piopiotahi (Milford Sound) a été creusé par Tu-te-raki-whanoa, un Atua (personnage mystique), à qui on avait confié la tâche de façonner la côte du Fiordland.
En chantant une puissante karakia (prière), il tailla les imposantes parois rocheuses avec son toki (houe), appelé Te Hamo. Il commença à l’extrême sud où il créa une côte abrupte avec de nombreuses îles. Au fur et à mesure qu’il se déplaçait vers le nord, il perfectionna son travail, créant de longues criques tortueuses où l’eau de mer, farouche au large, pourrait ici se reposer. Piopiotahi fut de tout temps considéré comme la plus belle réussite de Tu-te-raki-whanoa.
La légende dit même que, lorsque la déesse des mondes sous-marins Hine-nui-te-po vint voir son travail, elle fut interpellée par la grandeur de Piopiotahi (Milford Sound). Elle fut si impressionnée par la beauté de ses paysages qu’elle s’inquiéta de leur avenir. Les personnes, après avoir vu le fjord, ne voudraient peut-être plus le quitter… Ainsi, la légende raconte que pour encourager les humains à quitter la région, La déesse y lâcha les sandflies.
A travers cette légende, on peut entrevoir pourquoi les Maoris ne se sont jamais installés dans la région. En effet, même s’ils parcouraient Milford Sound en quête du précieux jade d’Anita bay, unique et différent de celui rencontré sur le reste de la côte ouest, ils ne s’installèrent jamais dans le fjord, sans doute en raison des rudes conditions (climat, sandfly, côtes abruptes,…).
Le jade, élément important dans la culture maorie, est trouvé uniquement dans quelques vallées reculées de l’île du Sud et sa présence y est expliquée par une légende qui conte les déboires de Tama.
Tama et les femmes de jade
Tama arriva de Hawaiki (pays des ancêtres maoris) à la recherche de ses trois femmes enfuies. Il les retrouva à Arahura, mais c’est alors que son esclave brisa un tapu (d’où le mot français tabou tire son étymologie).
Le tapu est une interdiction inviolable, une sorte de concept, (souvent lié au sacré, aux ancêtres ou à la mort), que l’on ne peut briser sous peine de lourdes représailles. C’est ce qui arriva à Tama suite à la désobéissance de son esclave. Le Atua (personnage mystique) le punit, transformant ses femmes en trois pierres de jades différentes que l’on trouve aujourd’hui dans le Westland.
Dans le fjord de Piopiotahi (Milford Sound), une pierre de jade particulière, douce et translucide est connue comme étant Tangiwai, une des femmes de Tama. Tangiwai, qui signifie éplorée, présente des traces ressemblant à des gouttes d’eau à sa surface. Selon la légende, ce sont les larmes versées par Tama en découvrant le corps pétrifié de sa femme.
La légende raconte aussi que Tama, dans sa course désespérée à la recherche de ses femmes, déchira ses vêtements en lambeaux. Ceux-ci étaient constitués de tussock, de flax et d’autres plantes dont les morceaux, qu’il sema derrière lui, prirent racine. C’est ainsi que ces végétaux furent introduits dans le Fiordland…
Pierres de passages, Lac Te Anau, Nouvelle-Zélande
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Selon la légende maorie, le lac Te Anau fut créé suite à la désobéissance d’une femme infidèle.
Te horo, un chef maori, découvrit une source sacrée dans les environs. Il confia à sa femme la signification de cette source ainsi que sa localisation, mais lui demanda de la garder secrète. Cependant, lorsque Te Horo partit en voyage, sa femme conduit son amant à la source. Lorsque le visage de la femme se fut réfléchie dans ses eaux, un torrent déchaîné jaillit brutalement, inondant le village et formant le lac Te Anau.
Aujourd’hui, les visiteurs déposent une pierre pour y marquer leur passage.
L’oiseau à crête des eaux de Wakatipu, Grèbe huppé.
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Le Grèbe huppé vit dans les lacs de montagnes. Nous l’avons ici photographié à Queenstown, sur le Lac Wakatipu.
Ces oiseaux ont besoin d’un environnement riche en plantes afin de construire leurs nids et aussi de se protéger des intempéries. Leurs pattes sont très en arrière ce qui en fait de très bons nageurs et plongeurs. En revanche, leurs déplacements au sol sont beaucoup moins aisés, c’est pour cette raison qu’on les aperçoit rarement sur la terre ferme.
Le Grèbe huppé se nourrit essentiellement de petits poissons, d’insectes et de plantes aquatiques.
Les couples construisent leur nid en flottaison, à l’écart de la terre et des prédateurs. Ils ancrent le nid sous l’eau grâce aux plantes aquatiques.