// 27 mars 2009 // 11 Commentaires » // Nouvelle-Zélande
Lundi 2 Mars, après avoir sillonné une jolie route et fait quelques arrêts, nous empruntons le « Homer tunnel ». A la sortie de ses 1200m, la « Cleddau Valley » s’offre à nos yeux formant une voie naturelle vers Milford Sound. Nous ne sommes plus très loin de notre but : la croisière dans le fjord de Milford Sound.
Milford Sound
Milford Sound est, de loin, le plus célèbre des fjords de la région. Il est également le seul accessible par la route. Même si ce bras de mer long de 16kms est connu sous le nom de Milford Sound, il s’agit en fait d’un fjord. C’est une vallée typiquement étroite, façonnée par la glace et aux pentes abruptes, dans laquelle la mer s’est installée après le recul d’un glacier.
Par opposition, un sound désigne une vallée fluviale (et non glaciaire), elle aussi, inondée par la mer dans un second temps. C’est le cas des Marlborough Sounds.
Arrivée à Milford Sound
Lorsque nous nous retrouvons face aux falaises à pic qui plongent dans la profondeur de l’eau émeraude, nous savons que nous sommes arrivés à destination. Le Mitre Peak s’impose comme la massive sentinelle de forme pyramidale qui domine la baie de Milford Sound du haut de ses 1692m.
Croisière à bord du Frienship
Nous embarquons ensuite afin de débuter notre promenade en bateau dans le fjord. Et dès les premiers mètres, nous sommes dans un autre monde. Certes, il ne fait pas très chaud et le vent est vif, mais le soleil brille, et nous sommes sur le pont, prêts à en prendre plein les yeux. Nous avons l’impression d’être tout petits au milieu de ce fjord en apparence inaccessible. Les hautes pentes abruptes couvertes de forêt primaire participent à ce sentiment, et rendent la croisière grandiose.
Le Friendship passe si proche des cascades qu’elles en arrosent ses pontons et légèrement aussi leurs occupants… C’est notamment le cas de Stirling Falls, haute de 155m. Les Bowlen Falls, quant à elles, jaillissent d’une vallée glaciaire en s’offrant une chute de 160m.
Nous guettons également les flots dans l’espoir d’apercevoir les dauphins, souvent présents dans le fjord, en vain. Nous voudrions bien apercevoir aussi le manchot du fiordland… là encore… rien. Mais, pour le plus grand plaisir des nos deux Frenchies à bord, nous faisons la rencontre d’un petit groupe d’otaries à fourrure de Nouvelle-Zélande, qui se dorent la pilule sur des grandes roches plates à l’abri du vent. Les deux plus jeunes se donnent même en spectacle en chahutant et donnant de la voix devant les visiteurs amusés.
Lors de notre retour vers la terre ferme, nous nous mettons quelques minutes à l’abri dans la cabine, devant un petit thé, et découvrons dans la brochure du bateau, une anecdote intéressante. Lorsque les eaux sont calmes et le vent faible, la rencontre de l’eau de mer qui s’introduit dans les fjords et de l’eau douce provenant des fréquentes précipitations et des cascades entraîne l’apparition d’un phénomène étrange. Une couche d’eau douce de la couleur du thé se forme en surface…
Un phénomène étrange
La couche d’eau douce de 3 à 4 m qui se maintient en surface du fjord témoigne de l’importance des précipitations dans la région.
En raison de leur densité inférieure, les eaux provenant des montagnes environnantes ne se mélangent qu’en partie à l’eau salée. Au cours de son long voyage à travers une végétation luxuriante, l’eau douce se teinte au contact des tanins et d’autres matières organiques.
Les tanins sont des substances que l’on trouve dans presque tous les végétaux. Ils sont aussi présents dans les bois des tonneaux (surtout ceux en chêne) et participent ainsi à la coloration des cidres, pommeaux, calvados,…). Le tanin était aussi utilisé au Moyen-Age pour la préparation du cuir afin de le rendre imputrescibles. On l’extrayait d’écorces de chênes que l’on broyait dans des moulins.
Ceci nous donne une idée de la couleur que peut avoir cette couche supérieure d’eau douce sur le fjord.
Mais cette couche d’eau à faible salinité n’est pas simplement une curiosité par sa couleur. Elle offre une opacité étonnante sur 2 ou 3 mètres de profondeur et agit comme un filtre. La pénétration de la lumière est beaucoup moins importante dans les fjords qu’en milieu purement marin. (10m dans les fjords équivalent environ à 70 mètres en mer). La vie marine des fjords s’est donc adaptée à cette opacité, en gagnant notamment des profondeurs moins importantes.
Ainsi, une grande diversité marine peut être observée sur les 40 premiers mètres de profondeur faisant le régal des plongeurs. C’est le cas de l’étonnant corail noir, qui se développe normalement à 80 mètres de profondeur. il est visible dans les fjords à 10 mètres seulement.
Après cette après-midi au pays des merveilles, nous décidons, sur un coup de tête motivé par l’envie d’une rencontre avec une faune marine toujours plus riche (manchots antipodes et dauphins d’Hector), de faire un « petit » détour vers Curio bay et Porpoise bay, avant de gagner Kaikoura, pour la dernière partie de notre voyage à quatre voix.
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