Articles taggués ‘Nelson Region’

Le Weka, oiseau endémique de Nouvelle-Zélande

// 10 mars 2009 // 5 Commentaires » // Articles, Nouvelle-Zélande

Le Weka est un gros râle endémique de Nouvelle-Zélande. Son plumage est brun, plus ou moins clair selon les sous-espèces, avec des marques plus foncées sur le dos et les ailes. On le trouve dans des milieux très variés : forêts, plages, marécages et parfois même dans les zones périurbaines.


Le Weka, Nelson's Region

Présentation du Weka

Comme de nombreuses espèces d’oiseaux en Nouvelle-Zélande, le Weka présente la particularité d’être incapable de voler. Ses ailes lui servent uniquement à se propulser lorsqu’il saute, grimpe sur des branches basses ou se bat avec ses semblables, créant un nuage de poussières afin d’aveugler l’adversaire.

En revanche, il marche rapidement. C’est également un excellent nageur, pouvant se déplacer ainsi sur de longues distances en zones humides, parfois même en mer.

Alimentation du Weka

Le Weka est un omnivore opportuniste et recherche activement sa nourriture. Il s’aide de son bec pour retourner galets, algues, amas de feuilles, sous lesquels il cherche de petits invertébrés. S’il en a la possibilité, il peut ramasser de la nourriture oubliée par les touristes.

Le Weka a également tendance à manger les œufs d’autres espèces, ce qui pose problème lorsqu’il s’agit d’oiseaux menacés. Le Weka, lui aussi en déclin, ne peut être donc être introduit dans les îles où vivent d’autres espèces en danger…Un vrai casse-tête pour assurer leur sauvegarde.

Comportement du Weka

Le râle wéka est à la fois discret et curieux. Il ne fait preuve d’aucune méfiance envers les Hommes.  Quand il se sent menacé, il secoue la queue par saccades. Les luttes pour la défense du territoire entre Wekas peuvent être très violentes et certains individus sont parfois tués. La taille de leur territoire varie de 3 à 15 ha, qu’ils défendent en émettant des sons caverneux.

Le Weka est extrêmement territorial, ce qui rend difficile les opérations de délocalisation dans le but de sa sauvegarde. On connait des exemples de Wekas ayant parcouru plusieurs kilomètres en haute mer et jusqu’à 150 kilomètres sur la terre ferme, pour rejoindre le territoire dont ils avaient été déplacé.

Curieux et vif à l’apprentissage, le Weka peut s’avérer destructeur pour le matériel agricole et les maisons. Toujours à la recherche de nouveaux territoires, il lui arrive d’entrer dans les habitations et d’y retourner l’intérieur.

Lorsqu’un individu jette son dévolu sur une maison comme nouveau territoire, les occupants n’ont alors que deux possibilités : la destruction ou la délocalisation de l’animal.

Le Weka, compagnon des Maoris

Le Weka est un animal très curieux qui s’approche spontanément des Hommes. Si cela a pu faire de lui un gibier facile pour les Maoris, il fut aussi leur compagnon de marche, lorsqu’ils traversaient le bush.

Lorsque les Européens arrivent en Nouvelle-Zélande, ils sont intrigués par le lien étroit qu’entretient l’animal avec les Maoris, et le surnomment très vite « la poule maorie ».

Un représentant des valeurs du pays

En raison de son extrême territorialité, de sa combativité et de son dévouement envers ses petits, les locaux considèrent que cet oiseau représente bien les valeurs néo-zélandaises.

Au XIXe siècle, lorsqu’il fallut se prononcer sur qui, du Weka ou du Kiwi, serait l’emblème de la Nouvelle-Zélande, le choix fut ardu. Le Kiwi, seul représentant de son genre, fut finalement choisi en raison de son caractère unique dans le règne animal.


Par un commentaire, VOTEZ pour votre coup de coeur du jour.

Vous participez ainsi à la sélection du mois de Mars.

La Photo du jour : Sur les planches

// 3 mars 2009 // 3 Commentaires » // La Photo du jour

Sur les planches, Nelson's Lakes national park

Sur les planches, Nelson’s Lake

( Cliquez sur la photographie pour l’agrandir )

Nelson et les Nelson’s Lakes

// 16 février 2009 // 15 Commentaires » // Articles, Nouvelle-Zélande

Lundi 1er décembre 08

Après avoir quitté le camping de Collingwood, nous prenons la direction de Nelson. Nous y arrivons en fin de journée et trouvons un endroit où dormir à une dizaine de kilomètres de la ville, près d’une rivière. L’endroit est charmant, mais les Sandfly nombreuses….

Nelson, la ville

Le lendemain, la visite de Nelson ne nous inspire pas plus que ça. Nous poussons la porte de l’église, impressionnante de nouveautés, tout paraît avoir été construit la veille.

Nous nous promenons ensuite dans le centre de la ville, le long d’un cours d’eau puis dans un parc agréable. En fin de journée, nous reprenons la route vers le parc national de Nelson’s Lakes. Nous nous y installons pour dormir, à nouveau en cohabitation avec les Sandfly.

Nelson’s Lakes National Park

Ce parc comprend deux grands lacs d’origine glaciaire au pied des Alpes du nord néo-zélandaises. En plus de la beauté et de la grandeur du paysage (même quand il fait un temps de chien), cet espace est traversé par la faille séparant la plaque tectonique australienne de la plaque pacifique, ce qui explique la hauteur des reliefs et offre des paysages somptueux.

Mercredi, nous nous réveillons sous une météo pas clémente du tout. Lorsque nous arrivons à proximité du plus grand lac, c’est pire, tant au niveau de la démographie des sandfly, qu’au niveau de la pluie qui s’abat sur le pare-brise de la wakamobile.

Nous prenons de l’altitude en empruntant une route caillouteuse qui nous offre un panorama sur le lac, mais nous sommes congelés. Puis au bord de l’eau, nous restons coincés à l’intérieur en raison du déluge. Malheureusement, nous ne sommes pas seuls. Un bon nombre de sandfly ont élu domicile dans le van… la bataille est rude.

Vu les conditions, nous abandonnons l’idée de faire des excursions ici, et quittons la région, espérant retrouver le soleil en prenant la direction d’Hanmer Springs. De plus, cela nous rapproche de la Food farm où nous sommes attendus dans 2 jours. Autant profiter du beau temps ailleurs.

Nous nous souvenons que Nick nous avait conseillé le trajet par les montagnes et choisissons donc le chemin le plus sinueux. De plus, cela nous paraît plus direct (sur la carte) que la grande route, et sûrement plus joli…

Seulement, petites routes, petits chemins, nous voilà traversant des cours d’eau de plus en plus larges, de plus en plus profonds avec notre wakamobile, toujours prête à rendre service, le tout au milieu d’une zone militaire…Le doute s’installe, on ne croise pas grand monde… Et au bout d’un certain nombre, ou plutôt un nombre certain de kilomètres, nous devons rebrousser chemin face à un cours d’eau cette fois infranchissable, à part à la nage…et encore…

Nick voulait certainement nous dire de passer par les montagnes en opposition avec la route qui longe la côte par Kaikoura, que nous avions emprunté pour aller dans la région de Marlborough…nous arrivons trois heures plus tard à Hanmer Springs : et il fait beau !!!



Golden Bay

// 15 février 2009 // 12 Commentaires » // Articles, Nouvelle-Zélande

Samedi 29 Novembre 08

Après s’être ravitaillés en essence, nous faisons un petit détour par l’étang de Takaka, très sympa en ce début de matinée. Un petit saut au marché local et nous voici sur la route en direction du Cap Farewell, à proximité de la Golden Bay. L’origine du nom de cette baie prend naissance à l’époque de la ruée vers l’or.

Le Cap Farewell

Nous suivons une piste caillouteuse qui nous mène jusqu’au bord d’une falaise surplombant magnifiquement l’océan.  En contrebas, quelques otaries s’ébattent dans l’eau avec grâce. Nous sommes alors au point le plus au Nord de l’île du Sud : Le Cap Farewell. Farewell signifie adieu, et ce cap fut baptisé ainsi par le Capitaine Cook alors qu’il quittait la Nouvelle-Zélande en 1770.

La plage de Wharariki :

Puis, nous continuons la piste pierreuse vers le départ d’une petite marche de 20 min par laquelle nous accédons à des dunes battues par le vent qui conduisent à la plage de Wharariki. Nous sommes très impressionnés par la force du vent qui modèle en permanence la dune. Nous mangeons beaucoup de sable et le matériel photo aussi. Imaginez le temps que Ludo passera ensuite à nettoyer ses objectifs, son trépied tombé dans le sable par la force d’une bourrasque, et le temps qu’il passera enfin à effacer chaque grain de sable sur les photos…

Mais le jeu en vaut la chandelle. Une immense plage de sable s’offre  à nous, ornée de rochers de taille impressionnante. L’action combinée du vent et des vagues a produit une étonnante configuration rocheuse : falaises incurvées, haute arche, grottes, ponts rocheux, le tout face à d’immenses dunes qui longent la plage. Lorsque nous rentrons au parking, nous sommes épuisés et étourdis par notre lutte incessante contre le vent, mais repartons avec de belles images plein les yeux mais aussi dans l’appareil photo.

Farewell Spit :

Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons à Pupanga, pour une marche le long de la langue de sable appelée Farewell Spit. Située à la pointe Nord de l’île du sud, c’est une langue de sable s’étalant sur 35kms dans la prolongation du Cap du même nom.

Le banc est formé entièrement de sable provenant de l’érosion du granit, du schiste et autres roches de la côte ouest. Transporté ici par les courants côtiers, il remplit graduellement la Golden Bay à partir du nord. Large de 800 mètres, il est construit de dunes enchevêtrées.

Le « spit » s’étend vers l’est en une gigantesque courbe sableuse qui ferme progressivement la Golden Bay. La très faible profondeur de celle-ci attire de nombreux oiseaux qui trouvent ici un garde-manger de choix. C’est d’ailleurs un des lieux de Nouvelle-Zélande où l’on peut voir le plus d’oiseaux migrateurs, jusqu’à 100 espèces ont pu être recensées. Des parcours en 4×4 sont d’ailleurs proposés pour aller à leur rencontre au bout de la langue de sable. Pour en savoir plus : Farewellspit.com

En revanche, la configuration inhabituelle de la côte et sa faible profondeur réussissent beaucoup moins aux gros cétacés. En effet, leur système de navigation se trouve mis à mal et des baleines viennent régulièrement s’échouer sur les côtes.

Après cette deuxième balade, nous prenons la route vers un repos bien mérité et nous nous arrêtons dans un petit camping de Collingwood qui ne paie pas de mine. Nous sommes agréablement surpris par l’ambiance. Il est essentiellement fréquenté par des habitués venant pêcher le week-end.

Au camping :

Leur accueil est chaleureux. Ils nous font goûter aux fruits (de mer) de leur récolte : des moules bleues comme chez nous (excellentes !), des coques que nous découvrons et adorons (il aura fallu faire tout ce chemin pour goûter ces délices qu’on trouve aussi dans la baie de Somme !), des pipis(pepes ?) coquillages très réputés aussi  et appréciés des locaux. Ils les distinguent des coques par leur taille plus petite, leur goût plus fin, et leur coquille plus lisse. Ludo en goûte un(e), mais n’est pas du tout emballé. Peut-être est-il tombé sur le(la) mauvais(e) ? Expérience à renouveler…

Pillar Point :

Le lendemain, nous prenons à nouveau la piste pétrée du Cap Farewell, dans l’idée de faire une petite rando qui nous mène jusqu’au premier phare construit en Nouvelle-Zélande, afin de remédier aux trop nombreux naufrages de la Golden Bay. Le phare en lui-même, on a oublié, mais la vue !!!

Le départ de rando se situe au niveau de l’Old man rock, (tête de vieux monsieur dans la roche), 30 minutes de montée pour une vue récompensée au quintuple. Nous avons devant les yeux un panorama à 360° qui couvre tout ce qu’on a pu visiter depuis deux jours. De Farewell Spit que l’on trouve magnifique d’ici, jusque la dune de Wharariki au loin… Fabuleux!

Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons pour flâner sur la plage à l’entrée du village de Collingwood, qui faillit être, pour la petite histoire, la capitale de la Nouvelle-Zélande. Mais très vite, l’épuisement des ressources aurifères et son isolement jouent contre elle.

Sur cette plage, Ludo s’extasie devant de vieilles souches d’arbres, puis davantage encore lorsque le nuage qui nous accompagnait au sommet de la rando, se fissure au-dessus de nos têtes. Il est maintenant scindé en deux au-dessus de cette plage.

Les artistes de la Golden Bay :

Il ya pléthore de galeries d’art en Nouvelle-Zélande et, particulièrement dans la Golden Bay. Cette région regroupe un bon nombre d’artistes et de communautés à la recherche d’alternatives à la société de consommation moderne. Cette région un peu retirée, à laquelle nous accédons seulement par une route sinueuse depuis peu (avant, elle était uniquement accessible par la mer) attire une catégorie de gens un peu hippies ou voulant se mettre au vert. J’ai d’ailleurs failli perdre mon photographe en chemin. Comme le dit Angela, il correspond bien au profil pour s’intégrer à ce genre de communauté avec sa « rat tail » queue de rat…

Voici la galerie que l’on a visitée lors de notre passage à Takaka : www.nganart.co.nz


Aux portes d’Abel Tasman National Park

// 14 février 2009 // 13 Commentaires » // Articles, Nouvelle-Zélande

Le 27 Nov 08

Contre coup de notre mésaventure des derniers jours peut-être, le constat au réveil ce matin n’est pas brillant. Marie est fiévreuse, nauséeuse et complètement HS, et Ludo n’est pas au top non plus. Nous nous installons donc dans un camping de Marahau, et somnolons toute la journée.

Marahau :

Marahau se situe aux portes du parc national d’Abel Tasman, situé à la pointe Nord de l’île du Sud. De ce que nous avons pu en voir, il ne semble pas y avoir d’intérêt à séjourner dans ce village bien longtemps. Nous n’y voyons que la danse des tracteurs de mise à l’eau des kayaks partant à la découverte des eaux turquoise bordant le parc national.

L’Abel Tasman National Park, bien que le plus petit parc national du pays, est très populaire, notamment pour ses sorties en kayak et son sentier côtier de 52kms.  Il rencontre un franc succès pendant la période des vacances d’été des Kiwis.

Abel Tasman, un navigateur néerlandais, fut le premier européen à voir la Nouvelle-Zélande en 1642. Il participa à la cartographie de parties conséquentes de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et d’autres îles du pacifique. Il a aussi prêté son nom à la Tasmanie et à la mer Tasman, par lesquelles il passa, avant de découvrir la Nouvelle-Zélande.

Action Réaction

En fin de journée, au prix d’un effort surhumain nous nous décidons à nous dégourdir les jambes en direction de Split Apple Rock. Par un sentier au cœur d’une végétation abondante, nous accédons à une charmante crique où nous découvrons une étrange et énorme boule rocheuse de la forme d’une pomme coupée en deux. Celle-ci s’érige au dessus des flots. A marée basse, il est possible de l’escalader et de s’asseoir entre les deux moitiés de « la pomme ». On ne regrette pas d’avoir fait l’effort de se déplacer malgré notre état second.

Cette balade nous a fait le plus grand bien et le lendemain, après une bonne nuit de sommeil, nous décidons de prendre la route vers Takaka, au Nord-ouest de la Golden Bay.

En route vers Takaka :

Sur le chemin, nous pouvons apprécier les points de vue qu’offre Takaka Hill sur Marahau et sur Nelson. Nous arrivons à Takaka pour la pause déjeuner avant de partir visiter les alentours. Takaka est la commune principale de la Golden bay. Comme l’ensemble de la baie, cette ville a connu une croissance décuplée pendant la ruée vers l’or du milieu des années 1850. Après la débâcle de 1859, les quelques pionniers restés sur place se sont reconvertis dans des entreprises plus pérennes (bois, charbon, marbre).

Waikopupu Springs :

C’est la plus grosse source de Nouvelle-Zélande. L’eau vient d’un réseau souterrain relié à celui de Takaka Hill. Ces sources sont réputées pour leur clarté et pour leur débit important . En effet, d’une limpidité exceptionnelle, la visibilité à l’horizontale détient un record du monde pour de l’eau fraîche avec 63 mètres. Quant au volume d’eau produit, il est estimé à 14 000 litres par seconde, soit suffisamment pour alimenter une ville de la taille de Boston, c’est ce qu’affirme un documentaire datant de 1974.

Ces sources sont aussi un trésor et une place sacrée pour les Maoris. C’est pour eux la forme la plus pure de l’eau : source spirituelle et physique de la vie.

Les Waikopupu Springs leur fournissent une eau qui guérit. C’e fut le siège de cérémonies marquant les grands moments de la vie : la naissance, la mort et les allers et retours des voyageurs.

Nous admirons les remarquables trous d’eau bleu turquoise de plusieurs mètres de profondeur d’où émanent les différentes sources. La végétation aquatique y est elle aussi fabuleuse. Nous pouvons d’ailleurs atteindre un gros périscope à l’issue d’une marche facile dans une superbe forêt native, nous permettant d’admirer la flore immergée.

La côte :

Nous pensions juste nous promener sur la plage la plus proche : Pohara beach, mais après cette balade agréable, nous ne résistons pas à pousser un peu plus loin, vers le cap ouest de la Wainui bay. Nous planifions alors d’y passer la nuit, mais le manque d’essence nous force à rebrousser chemin en direction de Takaka.

Sur les différentes plages que nous longeons au retour, nous observons les pêcheurs de moules, dont la récolte paraît bien lourde.

Nous arrivons à Takaka sans encombres après un passage obligé à Motupipi (uhuhuh), mais c’est vrai ! Et n’avons plus qu’à dormir sur le parking de l’office du tourisme en attendant l’ouverture de la pompe à essence le lendemain matin.


Wwoofing, 48h chrono

// 13 février 2009 // 13 Commentaires » // Articles, Nouvelle-Zélande

Non loin du Parc national Abel Tasman, à proximité de Motueka, nous attend une nouvelle expérience de wwoofing, et quelle expérience !!! Préparez vous à un roman dont malheureusement rien n’est romancé…

Avertissement :

Nous avons longuement hésité avant de vous faire part de cette expérience, mais nous trouvions dommage d’occulter  un aspect négatif de notre périple. De plus, nous espérons ainsi avertir quelques wwoofers au sujet du lieu où nous avons passé ces deux jours… un peu particuliers. Nous allons donc vous relater les faits qui se sont succédés pendant notre court séjour chez Susie et Kevin, en toute subjectivité… parce qu’on doit bien le dire, on  a eu  du mal à les suivre.

Premier contact

Par mail, cette nouvelle expérience de wwoofing s’annonce plutôt intéressante et riche d’apprentissages au sujet de l’autosuffisance, des variétés natives de Nouvelle-Zélande, et des techniques biologiques employées. Le travail qui nous attend semble enthousiasmant et Marie est très attirée par les chèvres et impatiente d’apprendre à faire du fromage.

En pratique, ça se complique…

Lorsque nous arrivons chez nos nouveaux « hôtes », trop occupé pour nous souhaiter la bienvenue dit-il, Kevin nous envoie dans le potager afin de rencontrer Susie. Dans le potager, l’accueil n’est pas beaucoup plus chaleureux, la maîtresse de maison, nous salue vaguement et nous redescendons boire un thé, en compagnie de deux wwoofers canadiens, Sally et Adam, ici depuis quelques jours.

Retour dans la maison donc, où nos futures serviettes de toilette sèchent au milieu d’une bonne odeur de lait de chèvre caillé… hum ! On réalise très vite que l’hygiène n’est pas vraiment au rendez-vous ici. Tout est partagé avec les animaux, leur alimentation traîne dans l’entrée, et le ménage ne doit pas être fait souvent. Nous prenons sur nous… surtout Marie, en se disant que ce que nous allons faire et apprendre ici en vaut sûrement la chandelle…

Nous assistons à la traite des chèvres avec Monsieur. Marie demande s’ils ont un bouc et s’entend répondre positivement, et qu‘il lui sera présenté, qu’il devrait beaucoup lui plaire… Ok, nous ne savons pas trop ce que l’on doit y comprendre.

Nous faisons également la connaissance d’une petite chèvre toute mignonne que nous nourrissons au biberon. Elle fait des cabrioles sur la terrasse en bois et nous sort 5 min de cette ambiance assez étouffante.

Nous sommes très vite testés et « attaqués » au sujet de notre nationalité, nos capacités ou notre jeunesse. Nous pouvons comprendre que Susie veuille nous mettre à l’épreuve ou qu’elle ait une manière particulière de faire connaissance, et sommes assez tolérants et ouverts pour le prendre au second degré. Nous pensions dans un  premier temps que c’était un jeu et une sorte d’intimidation mais ce qui va suivre prend un tournant qui nous amuse un peu moins.

Ambiance pesante :

Le soir à table, nous n’arrivons pas à savoir combien d’heures nous devons travailler par jour et sentons que c’est un sujet tabou. Nous montons ensuite rapidement nous coucher pour échapper à la chape de plomb qui règne dans la maison. Nous dormons sur un matelas, on ne peut plus poussiéreux, à même le sol. Malgré les deux draps dont nous l’avons enveloppé, ça gratte !

Là encore, si nos hôtes nous avaient fait bonne impression, on l’aurait beaucoup mieux vécu, mais vu la situation, nous avons bien du mal à trouver le sommeil.

Le lendemain matin, le temps est loin d’être au beau fixe, il pleut des cordes et la chambre est très humide. Ludo se lève avec des plaques sur tout le visage. Avec cette allergie en plus, la journée commence sous les meilleurs auspices….

Nous ne savons que faire et nous ne nous disons rien. Susie finit par nous inviter à discuter avec nos collègues anglophones devant une tasse de thé, puis part en T-shirt sous les trombes d’eau. Après avoir échangé nos bons plans wwoofing, sans oser orienter la conversation sur le lieu où nous sommes, nous partons chacun dans nos chambres, et n’y redescendons que pour quelques actes de présence, attendant que la matinée passe… lentement, et que, peut-être, la pluie cesse.

Dans la matinée, nous voyons Susie revenir trempée et plutôt paniquée. Nous entendons parler de « crise cardiaque » et « en bas de la colline » mais sans bien comprendre de quoi il s’agit. Nous en concluons que le voisin a un grave problème de santé, et restons sur cette version des faits, n’osant pas demander de précision de peur d’être indélicats.

L’après-midi, il pleut toujours, et nous nous proposons à faire une tarte. Susie insiste pour que l’on utilise sa recette, nous ne comprenons pas bien sa façon de voir les choses, jusqu’alors, lorsque nous cuisinions pour nos hôtes, c’était une démarche de partage, et de découverte de nos habitudes culinaires respectives. Bref, une tarte aux pommes, des chaussons aux pommes et quelques réflexions plus tard, Marie laisse comme elle l’a proposé, de la pâte brisée à Susie pour la quiche qu’elle veut faire. « J’en ferai d’assez » s’entend-elle répondre … ok

Retranchement dans nos chambres à nouveau. On commence à cogiter, on reste, on part ??? Comment vont-ils le prendre ?!

Mesquineries :

Dans l’après-midi, notre hôte fait entrer la jeune chèvre pour mettre de l’ambiance. La petite, après quelques cabrioles sur les canapés, s’empresse d’y faire un joli pipi, qu’elle finira sous le linge en train de sécher. C’est la première fois que nous voyons rire Susie, autre qu’ironiquement…

Le mot de trop (Marie) :

« Susie engage ensuite la conversation sur les massages. En effet, Sally, la wwoofer canadienne est kinésithérapeute et j’avais vaguement essayé d’expliquer mon travail la veille, après quoi Susie en a visiblement retenu les massages…Bref, elle s’adresse à moi en me demandant ce que je pense de faire ou recevoir,( je n’ai pas compris), des massages.  Ne comprenant pas quel serait mon rôle dans cette affaire, je détourne la conversation en tentant de plaisanter. En effet, je m’adresse à Sally en lui demandant quel est son prix… OUCH!!!

Susie, avec un sourire crispé et mauvais, me répond « Mon prix, c’est la bonne nourriture que vous avez ici, les beaux paysages, la belle chambre… » très agacée qu’elle ose prétendre nous offrir la lune et tout court qu’elle réagisse ainsi, je ne peux m’empêcher d’ajouter sur le même ton qu’elle «  oui, tout comme le magnifique soleil… »

Bref, très embêtée par la tournure des événements, je m’éclipse et remonte raconter ma mésaventure à Ludo. Je culpabilise un peu de cette plaisanterie qui a mal tourné et redescend proposer de l’aide pour la préparation du dîner. Susie m’envoie « bouler » avec une telle violence que je reste figée devant elle, ne sachant que répondre. Elle finit par jeter son couteau et monte dans sa chambre en pleurant. Je ne pensais pas faire un tel effet sur les gens… « 


N’y comprenant plus grand-chose, nous laissons tomber jusqu’au soir où le dîner est tendu. Une discussion, en anglais bien sûr, s’engage sur le pétrole, et l’état du Monde, entre les Canadiens et nos hôtes. Le ton monte très vite, mais nous avons bien du mal à comprendre ce qui se dit. C’est la première fois que nous voyons Kevin s’exprimer et s’énerver. Il est sûr que le monde va imploser et persuadés que plus ils vivront retranchés et auto-suffisants, et plus ils seront en sécurité.  Nous commençons à comprendre les motivations de nos hôtes pour ce choix de vie…

L’atmosphère est d’une lourdeur poussée à son paroxysme. Que ce soit l’humidité ambiante, le temps orageux, la pluie qui n’en finit pas de tomber, la discussion qui tourne au vinaigre, l’odeur de fermentation des fromages de différents âges trônant partout au rez-de-chaussée, ou encore la sidération qui nous gagne face à ce bombardement d’événements fâcheux et incompréhensibles, tout est fait pour brouiller nos esprits. Nous sommes incapables de réagir ou de trouver des issues à cette situation, apparemment banale pour nos hôtes. Sans mot dire, Marie dépose les chaussons aux pommes sur la table et nous attendons tranquillement que l’orage passe pour manger le dessert. A la première bouchée, Sally a le malheur de dire que c’est délicieux. Susie, hors d’elle, « aboie » « Donc ce que j’ai fait MOI, n’était pas bon… » La Canadienne exaspérée quitte la table et se réfugie dans sa chambre, suivie de près par son ami.

Des larmes de crocodile :

Nous avons ensuite le droit à des excuses confondues de Susie qui explique qu’elle a eu une dure journée et qu’elle est désolée de n’avoir pas réussi à maintenir une bonne ambiance aujourd’hui, que tout le monde devient fou ici lorsqu’il pleut comme ça. Elle est encore une fois au bord des larmes mais nous sentons bien que la pluie n’est pas une raison suffisante pour être à ce point méprisante, et ne cherchons pas vraiment à la plaindre…

Pas plus de 5 min plus tard, elle se montre de nouveau agressive au sujet de la durée de nos douches, pourtant très rapides car nous sommes pressés de nous retrancher dans notre chambre pour discuter de la marche à suivre le lendemain.

Nous décidons de partir, après avoir fait quelques heures de travail si le temps le permet, pour «  payer » notre gîte et notre couvert. Nous ne sommes pas wwoofers pour nous faire malmener, et avons envie de prendre contact avec d’autres personnes, qui pourront, nous en sommes sûrs, nous apprendre beaucoup et nous permettre de travailler agréablement.

Le lendemain matin, le temps est plus clément. Mais Marie est sur les nerfs d’emblée face à une Susie qui a décidé d’en faire son esclave de bon matin. Elle dicte en français «  le beurre s’il vous plaît » sur un ton sec et cassant. Puis c’est son pain  qu’elle lui demande de mettre à griller et ensuite d’aller le rechercher. Marie, très remontée, demande à Ludo de répondre à quelques-uns des ordres à sa place ; sous peine d’exploser.

Ames sensibles, s’abstenir :

Avant de s’échapper de cette demeure, nous nous attelons au travail. On se retrouve en bas de la colline à déplacer du bois trempé, sans bien comprendre dans quel but, tout en essayant d’éviter Kévin, qui prend son quad pour une voiture de course, sans seulement sembler nous remarquer. Nous posons quelques questions aux Canadiens, dont c’est la première expérience de wwoofing… :

- Combien d’heures avez-vous travaillé avant qu’on arrive ?

- Journée complète ! A attendre les ordres au fil de la journée, à leur disposition…

- Et qu’est ce qu’on fait avec ce bois humide ? Un bûcher ??? Pour ??? le bouc !!!! « Oh my Godness! »

Aaahh c’était donc lui le mort d’une crise cardiaque. Dommage, Marie n’avait pas imaginé la rencontre promise par Kevin avec la bestiole de cette façon… Heureuse de le rencontrer…? pas vraiment…

Trêve de plaisanterie, après avoir empilé tout ce bois mouillé en se demandant comment cela va bien pouvoir prendre feu, il nous faut attacher la pauvre bête morte, par les pattes arrière. Kevin le soulève avec l’avant de son mini-tracteur, sans considération aucune pour la tête « ballotant » lamentablement. Les premières fumées s’échappent du bûcher et enveloppent peu à peu la bête après la rencontre de l’allumette avec la tonne d’alcool déversée par Kévin. La tête vide d’expression au milieu du nuage de fumée… le tableau est assez pathétique. C’est le seul lieu de la propriété bien à la vue des voisins, un hasard ?

Nous rentrons faire nos sacs en douce, les Canadiens qui sont bloqués ici sans véhicule ont décidé de se joindre à nous, mais nous n’arrivons pas à nous retrouver pour partir. Nos hôtes nous donnent des tâches séparées depuis le bûcher…

Visiblement Susie a envie de nous en faire baver. Nous devons nettoyer l’enclos et la cabane de la bête morte… Imaginez, il est resté 24h dans l’humidité et dans un espace clos, sans parler de toute sa vie passée sans être nettoyé (vu l’épaisseur d’excrément qui orne l’enclos comme la cabane). L’odeur du bouc c’est une chose, mais cette odeur de méthane… pouah !

Ludo le courageux affronte l’intérieur de la cabane. C’est très, très limite niveau santé.

Puis, nos amis d’infortune reviennent et nous attendons jusqu’à 13h30. Nos hôtes sont introuvables et nous ne voulons pas partir en traîtres. Personne ne vient pour le repas que nous finissons par préparer.  Toujours personne. On mange sans eux et ils finissent par réapparaître à la fin du repas.  Nous annonçons notre départ. Kévin silencieux, Susie hors d’elle, déjà en colère car nous n’avions visiblement pas le droit d’utiliser les légumes de son jardin pour le repas du midi, va jeter, de rage, le contenu de son assiette. Elle explose ensuite en ordres et en reproches. Morceau choisi : « Vous avez sali ma cuisine »,  « prenez tous vos déchets avec vous et n’oubliez rien ! »

Plusieurs fois, elle s’approche de Marie pour lui lancer des remarques à la figure, et cette dernière sent que la gifle n’est pas loin. Nous avons très peur qu’elle ne crève les pneus de notre van ou ne casse du matériel photo. Nous nous excusons auprès de Kévin qui nous dit comprendre, que l’on a une vie, et qu’on a besoin d’y retourner. Il paraît désolé.

L’évasion :

Nous cachons sous une couverture les Canadiens puisque notre van ne contient que deux places assises et partons.
Madame, dans un moment de grâce suprême, nous double en trombe dans un virage à la sortie de leur hameau, en nous adressant un dernier signe d’adieu des plus distingués : un bon doigt d’honneur bien appuyé.

Nous ne sommes pas très rassurés et avons peur qu’elle ne prévienne la police au sujet de nos deux clandestins planqués à l’arrière.

Une fois à Motueka, nous prenons un camping tous les quatre et sommes heureux de retrouver la civilisation, la liberté de vivre et de penser. Nous passons la soirée à décompresser, telle une cellule de crise. Nous avons l’impression d’être des échappés d’une secte, alors que nous ne sommes restés que 48h.

Pendant quelques temps, nous verrons des Susie partout et accuserons le coup : fatiguée, Marie tombe malade (il faut savoir qu’on a bu de l’eau non-potable et ne l’avons appris qu’avant de partir).

Le lendemain, dans la continuité, en visitant Motueka, son petit port et son centre ville, vous pourrez admirer dans la galerie photo d’aujourd’hui, le joli spectacle qui s’offre à nous sur le parking d’un fast-food.

Conclusion :

Face à cette situation, nous aurions dû réagir plus vite et quitter les lieux. Nous avons fait l’erreur de rester par culpabilité, ne voulant pas renvoyer nos impressions très négatives à nos hôtes. Nous sommes volontaires et nous aurions dû fuir d’emblée face à cette situation pesante. Avec le recul, nous réalisons que ces gens se saisissent du concept d’autosuffisance en réponse à leur incapacité à avoir des relations sociales saines. Ils font preuve d’un pessimisme hors du commun face au Monde, et même si nous pouvons leur accorder que notre planète a déjà été en meilleure forme, nous ne pouvons concevoir leur vision des choses, ici, en Nouvelle-Zélande. En effet, dans ce pays plutôt préservé, nous avons du mal à voir la fin du monde proche, vision qu’ils cherchaient à nous imposer avec force !

Susie ne supporte pas ses pairs et ne fait confiance à personne. Les seuls liens avec le monde extérieur sont leurs plus proches voisins et les wwoofers qu’ils accueillent. Le paradoxe est d’ailleurs assez troublant. En effet, pourquoi vouloir recevoir des wwoofers s’ils ne sont pas capables d’entretenir des relations saines avec eux ? Notre subjectivité suite à ces deux jours chez eux nous ferait répondre que cela permet à Susie d’exercer sa méchanceté, et à Kevin de ne pas être le seul bouc émissaire (sans mauvais jeu de mots). Mais nous pensons que la maîtresse de maison, espère sincèrement transmettre sa vision du monde et son mode de vie…

Le plus embêtant, c’est que rien dans le texte de présentation de ces hôtes sur le guide de wwoofing, ne laissait présager de cette situation. Aucun recours n’est possible pour prévenir l’ensemble des wwoofers, sinon de demander à ce que ce couple soit radié par le guide lui-même. Heureusement, même si nous sommes tombés très bas en nous rendant chez eux, ce genre de situation est très rare. Il faut juste tenter de se tenir informé.

Bref, en quittant Motueka, nous prenons un nouveau départ. Nous avançons notre come back à la Food farm, ayant ainsi l’assurance d’avoir à nouveau une expérience de wwoofing agréable, après quoi nous garderons la ferme pendant que la famille s’envolera pour l’Australie. Nous avons hâte de les revoir ; travailler avec des gens sains nous fera le plus grand bien.

Mais d’ici là nous avons encore quelques jours pour visiter les environs.